L'Etat accorde une avance de trésorerie à la SNCM

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L'ÉTAT ACCORDE UNE AVANCE DE TRÉSORERIE DE 30 MILLIONS D'EUROS À LA SNCM
L'ÉTAT ACCORDE UNE AVANCE DE TRÉSORERIE DE 30 MILLIONS D'EUROS À LA SNCM

MARSEILLE/PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi une avance de trésorerie de 30 millions d'euros pour la compagnie maritime SNCM dont les employés ont confirmé dans l'après-midi un mouvement de grève qui affectera la desserte entre la Corse et le continent.

Le Premier ministre a fait cette déclaration alors qu'il inspectait les dispositifs visant à assurer la sécurité des transports en commun parisiens durant la nuit de la Saint-Sylvestre, a précisé le service de presse de Matignon.

"Le gouvernement est déterminé à mettre en oeuvre une solution de continuité de l'entreprise, crédible et pragmatique, et à lui donner les chances de se redresser dans les mois qui viennent et de faire face aux contentieux communautaires", précise le Premier ministre dans une lettre à Patrick Mennucci, candidat socialiste à l'élection municipale de Marseille, courrier dont Reuters a eu une copie.

Cet apport de l'Etat doit "permettre de couvrir les besoins de trésorerie estimés nécessaires par l'entreprise pour 2014, et surtout mettre en place les premières mesures de retour à l'équilibre prévue pour le plan d'affaires", ajoute le document.

Ces 30 millions, qui marquent un "engagement sans ambiguïté de l'Etat en faveur d'un scénario de continuité", doivent s'accompagner, en contrepartie, "d'un redressement rapide de l'entreprise", demande le Premier ministre.

Les négociations entre les organisations syndicales et le ministère des Transports, qui se sont achevées lundi, n'ont pas permis la suspension d'un mouvement qui risque de fragiliser encore la situation financière de la compagnie maritime.

"CADEAU ÉLECTORAL"

"On était inquiet à la sortie de ces négociations, on n'est pas davantage rassurés par cette manière d'avancer à coups d'annonce", a commenté le délégué CFE-CGC de l'entreprise, Maurice Perrin.

Les syndicats réclament un engagement clair du gouvernement à appliquer le projet industriel signé au mois de juillet avec la direction et les actionnaires qui ont notamment validé la commande de quatre navires et la suppression de 500 postes sans licenciements secs.

Le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin ne voit pour sa part dans l'aide de l'Etat qu'un "cadeau électoral" au candidat local du PS.

"Le compte n'y est pas! Cette somme n'est qu'un ballon d'oxygène pour régler les salaires de décembre et de janvier, et pour éviter une grève au moment des vacances scolaires", a-t-il estimé dans un communiqué.

"L'Etat aurait été bien inspiré de faire taire l'acharnement de Bruxelles contre la SNCM et d'avoir une vision à long terme plutôt que d'agir au coup par coup".

La SNCM doit faire face au remboursement de 440 millions d'euros d'aides publiques exigé par la Commission européenne après une plainte de son concurrent Corsica Ferries.

L'Etat a introduit des recours contre les décisions de la Commission qui risquent de provoquer la faillite de la société détenue à 66% par Transdev, coentreprise de transports publics de Veolia Environnement et de la Caisse des dépôts, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés.

Jean-François Rosnoblet avec Julien Ponthus à Paris, édité par Guy Kerivel

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