L'Etat a tenté sans succès un compromis avec Renault-Nissan

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L'ETAT A TENTÉ SANS SUCCÈS UN COMPROMIS AVEC RENAULT-NISSAN
L'ETAT A TENTÉ SANS SUCCÈS UN COMPROMIS AVEC RENAULT-NISSAN

par Laurence Frost et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - L'Etat français a proposé de limiter ses droits de vote dans Renault pour tenter de mettre fin au bras de fer engagé avec le constructeur français et son partenaire Nissan, mais Carlos Ghosn, PDG des deux groupes, reste plus que jamais déterminé à imposer un renforcement du constructeur japonais au sein de l'alliance, ont déclaré plusieurs sources à Reuters.

Le gouvernement - qui a lui-même pris récemment ses distances par rapport à un projet qui lui était prêté de vouloir fusionner Renault et Nissan - a offert un compromis sur les droits de vote de l'Etat, quelques heures seulement avant la convocation en urgence d'un conseil d'administration de Renault vendredi dernier, ont déclaré à Reuters des sources proches du dossier.

Elles n'ont pas apporté de détail sur la limitation proposée.

Mais cette tentative de conciliation n'a pas empêché Hiroto Saikawa, le numéro 2 de Nissan, d'exprimer lors du conseil de Renault son profond désaccord avec la position française, a déclaré l'une de ces sources. Il a réaffirmé ensuite publiquement que l'octroi de droits de vote doubles à l'Etat était une source majeure de déséquilibre au sein de l'alliance.

"Proposer de revenir simplement sept mois en arrière ne suffit plus. Il est clair qu'il faut maintenant améliorer l'équilibre entre les deux groupes", observe une source chez Renault-Nissan.

Renault contrôle 43,4% du capital de Nissan, qui détient en retour 15% du capital du constructeur français mais sans droits de vote, Carlos Ghosn étant PDG des deux sociétés.

Des porte-parole de Renault, de Nissan et du ministère de l'Economie ont refusé de faire un commentaire.

NOUVEAU CONSEIL DE RENAULT LE 11 DÉCEMBRE

L'Etat, qui s'est assuré à la dernière assemblée générale de Renault d'obtenir ses futurs droits de vote doubles prévus par la loi Florange en portant sa participation de 15% à près de 20%, s'est engagé à redescendre ensuite au niveau initial, ce qu'il n'a toutefois pas encore fait.

Nissan a réagi à cette montée inattendue de l'Etat français chez Renault en réclamant un "rééquilibrage" de l'alliance, ce qui aux yeux du constructeur japonais devrait se traduire par des participations croisées de l'ordre de 25% à 35%, avaient déclaré le mois dernier à Reuters plusieurs sources.

Emmanuel Macron a lui même temporisé mardi en affirmant qu'une fusion n'était pas à l'ordre du jour. Il s'est ainsi conformé à la ligne tracée quelques jours plus tôt par le Premier ministre Manuel Valls, alors que des sources au fait du dossier avaient indiqué à Reuters début novembre que le ministre de l'Economie faisait pression sur Carlos Ghosn pour qu'une fusion complète avec Nissan soit concrétisée selon des termes fixés par le gouvernement.

Vendredi dernier, le conseil de Renault a décidé de créer une sous-commission composée d'administrateurs indépendants pour assurer le suivi des discussions entre l'Etat et Nissan.

Hiroto Saikawa doit faire un compte rendu aux membres du conseil de Nissan sur la situation d'ici quelques semaines tandis qu'un nouveau conseil de Renault est prévu le 11 décembre.

(Avec Norihiko Shirouzu à Tokyo, Jean-Michel Belot pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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