L'essor du cuivre n?est pas fini en Australie

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(Commodesk) Les minières BHP Billiton et Fortescue ont dernièrement revu à la baisse leurs projets en Australie, jetant un doute sur la poursuite du boom minier dans ce pays. Le ministre des Mines et de l'Industrie a déclaré que la fête était finie.

Pourtant, le bureau des statistiques australiennes est moins catégorique. Si les cours des matières premières ont influé sur les choix d'investissement de grandes entreprises, le pays bénéficie encore de 260 milliards de dollars australiens (212 milliards d'euros) de projets miniers en phase de lancement, un niveau record.

Le moral des entrepreneurs miniers a été affecté en août par les reports du projet Olympic Dam de BHP, a noté la Banque nationale d'Australie en interrogeant 500 dirigeants de minières. Néanmoins, le sud de l'Australie ne sera pas entièrement déserté par les compagnies minières après cette renonciation à 30 milliards de dollars.

En effet, si BHP Billiton a retardé le lancement de son exploitation de cuivre et uranium, perçue localement comme un soutien à l'économie, le géant minier n'a pas totalement renoncé. L'achat de terrains à Tasman Resources il y a trois mois pour élargir son périmètre en témoigne.

BHP a mis en sommeil l'expansion du site, mais souhaite que les autorités locales repoussent la date limite de début d'exploitation. Sur le papier, la minière devait engager les opérations avant mi-décembre 2012, mais si la compagnie ne se lance pas dans les délais prévus, le Parlement de la région devrait se montrer compréhensif et réviser les délais, affirme le Premier ministre d'Australie méridionale.

Mille milliards de dollars de métaux restent enfouis, mais l'exploitation à ciel ouvert envisagée aurait un coût énorme, qui ne se justifie pas à l'heure actuelle, estiment les experts.
Cela n'a retenu le rival de BHP, Rio Tinto, qui prépare à 30 km au nord d'Olympic Dam le projet Vulcan, également en association avec la société d'exploration Tasman Resources, détentrice de droits sur 2.000 km2 de terrains riches en cuivre, or, uranium et minerai de fer.

Un autre projet a quelques mois dans le Sud australien, une mine de cuivre et d'or, créant 150 emplois chez Oz Minerals. Ce projet Antaka, extension du site Prominent Hill, a une valeur exemplaire pour les autorités, dans la mesure où il emploie 80% de locaux. La compagnie a mis l'accent sur la formation des mineurs, et soutient les initiatives économiques des aborigènes alentours. L'investissement est de 150 millions de dollars pour une production de 25.000 tonnes de cuivre en 2012.

Xstrata a aussi démarré l'exploitation de la mine de cuivre Mount Margaret, un projet à 120 millions de dollars début aout, dans le nord du Queensland. Quelques 30.000 tonnes de cuivre extraites à ciel ouvert seraient acheminées annuellement vers la mine Ernest Henry pour traitement à partir de la fin septembre 2012, ce qui créerait 300 emplois dans la région sur cinq ans.

En revanche, Rio Tinto a repoussé un projet d'extension souterraine à la mine de Northparkes, fin août, en raison de l'abondance du cuivre déjà disponible sur le marché. L'étude préalable entreprise depuis deux ans sera prolongée de six à neuf mois.

L'affirmation du ministre des ressources fédérales Martin Ferguson, prévoyant la fin de l'essor minier, était donc un peu prématurée. Les entrepreneurs australiens ont seulement réduit le braquet pour le moment.

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