L'esprit du 11 janvier doit inspirer les réformes, dit Hollande

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* La réforme du CSM relancée * De nouvelles règles de transparence * Plus de services civiques disponibles pour les jeunes par Julien Ponthus PARIS, 20 janvier (Reuters) - François Hollande a évoqué mardi "l'esprit du 11 janvier", date des manifestations de masse contre les attentats djihadistes en France, pour amplifier les réformes de son gouvernement en faveur notamment de la transparence et de l'engagement citoyen. "L'esprit du 11 janvier doit désormais inspirer notre action", a dit le président français qui présentait ses voeux aux institutions d'un Etat dont la légitimité est selon lui renforcée par sa réponse, forces de sécurité en tête, aux attaques qui ont fait 17 morts du 7 au 9 janvier. La cote de popularité de François Hollande a fait un bond historique après les tueries, une popularité qui pourrait lui permettre de relancer son quinquennat, estiment des analystes. Le président a dit espérer que l'esprit d'unité nationale permettrait ainsi d'aboutir à la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), abandonnée faute de majorité, trois cinquièmes des députés et sénateurs devant voter pour cette réforme de la Constitution afin qu'elle soit adoptée. François Hollande s'était engagé pendant sa campagne à réformer les règles de nomination et de déroulement des carrières des magistrats pour assurer leur indépendance. "C'est un texte qui devrait réunir une large majorité de parlementaires", a estimé le chef de l'Etat, qui a aussi demandé aux présidents des deux assemblées de réfléchir aux moyens de développer l'engagement des citoyens. Il a réitéré sa volonté de "développer massivement" le service civique, qu'il souhaite étendre de 40.000 jeunes aujourd'hui à entre 150.000 et 170.000 à l'horizon 2017. De nouveaux efforts doivent aussi être faits pour accroître la transparence de la vie publique, a estimé le chef de l'Etat, qui a repris des propositions de Jean-Louis Nadal, le président de la Haute autorité en la matière. EXTENSION DES RÈGLES DE DÉONTOLOGIE Cette institution avait été créée dans la foulée de l'affaire Jérôme Cahuzac, l'ex-ministre du Budget qui a démissionné du gouvernement de Jean-Marc Ayrault après avoir menti sur la détention d'un compte bancaire à l'étranger. "Pour éviter que des manquements soient connus postérieurement à l'entrée en fonction des intéressés, il devra être procédé à des vérifications avant toutes les nominations les plus importantes", a dit le président, déstabilisé en septembre par la démission de son secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud qui était en délicatesse avec le fisc. "Les nouvelles règles déontologiques seront étendues à tous les acteurs publics, fonctionnaires comme magistrats", a promis François Hollande, qui a dit vouloir mieux encadrer les groupes de pressions qui tentent d'influencer la rédaction des lois. Il a chargé le ministre des Finances Michel Sapin de préparer un projet de loi sur la transparence dans la vie économique et d'autres mesures ont été annoncées pour moderniser la vie publique, comme la fin de la confidentialité des avis du Conseil d'Etat. "J'ai décidé de rompre avec une tradition séculaire des secrets qui entourent les avis du Conseil d'Etat", a dit François Hollande pour qui "son avis est d'intérêt public, et donc son expertise sera rendue publique". (Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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