L'espoir d'une sortie de crise au Portugal soutient les marchés

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LA BOURSE DE LISBONNE SE REPREND
LA BOURSE DE LISBONNE SE REPREND

par Andrei Khalip

LISBONNE (Reuters) - Les coûts de financement du Portugal sont retombés jeudi et la Bourse de Lisbonne est en passe d'effacer une partie de ses pertes de la veille dans l'espoir d'une sortie de la crise politique provoquée par la démission du ministre des Finances.

Après une première réunion sans résultat organisée dans la nuit de mercredi à jeudi, le Premier ministre Pedro Passos Coelho et son partenaire de coalition, le CDS-PP, doivent à nouveau se rencontrer dans la journée pour trouver une solution à la crise.

Le journal Diario Economico cite une source gouvernementale disant que Pedro Passos Coelho espérait arriver à un accord permettant d'éviter des élections législatives anticipées, ajoutant qu'il devrait présenter dans la journée sa feuille de route de sortie de crise au président.

La démission, lundi, du ministre des Finances Vitor Gaspar puis, celle, refusée par le Premier ministre, du chef de la diplomatie Paulo Portas, ont mis en grandes difficultés l'actuelle coalition au pouvoir, une situation qui a fait craindre une résurgence de la crise de la dette de la zone euro.

Ainsi, mercredi, la Bourse de Lisbonne a chuté de 5,3% et, en séance, le rendement des obligations souveraines portugaises à 10 ans est repassé, pour la première fois depuis novembre, au-dessus de la barre de 8%, un niveau intenable sur la durée.

Vers 09h00 GMT, le PSI 20 de la Bourse de Lisbonne reprenait 2,6% et le rendement était revenu autour de 7,5%. Ce niveau reste toutefois très élevé et pourrait remettre en cause la sortie prévue du Portugal du programme d'aide de 78 milliards d'euros octroyé en 2011 par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne.

Dans un moindre mesure que l'Irlande, le Portugal, malgré un taux de chômage record et la pire récession que traverse le pays depuis les années, était considéré il y a peu encore comme un exemple de l'efficacité du programme UE-FMI, ce qui explique en partie la détente du rendement des emprunts d'Etat à 10 ans revenu à près de 5% vers la fin du mois mai.

Il y a deux mois, le Trésor portugais avait bouclé sans difficulté un emprunt obligataire à dix ans de trois milliards d'euros, le premier de ce type depuis janvier 2011, un succès qui avait conforté l'espoir d'une sortie l'an prochain de Lisbonne du plan d'aide de l'UE et du FMI.

DISCUSSIONS "TRÈS CONSTRUCTIVES"

Selon le journal Diario de Noticias, les discussions qui se sont tenues au cours de la nuit entre le Parti social-démocrate du Premier ministre et le CDS-PP ont été "très constructives", même si elles n'ont pas abouti.

D'après la presse et les analystes, une solution permettant de sortir de l'impasse passerait par un remaniement gouvernemental, qui donnerait plus de poids au CDS-PP, le parti de droite minoritaire dans la coalition.

Il est également question d'un assouplissement des mesures d'austérité mises en place en contrepartie du programme d'aide international, qui sont au coeur des tensions au sein de la coalition gouvernementale.

Paulo Portas s'est fréquemment démarqué de la volonté affichée par Pedro Passos Coelho et Vitor Gaspar de respecter à la lettre les termes du plan d'aide international de 78 milliards d'euros.

Le chef de l'Etat Anibal Cavaco Silva a entamé des discussions avec les partis politiques mercredi. Celles-ci devraient se poursuivre ce jeudi et la journée sera également marquée par une rencontre avec le Premier ministre.

Pedro Passos Coelho a assuré mercredi soir que son gouvernement survivrait aux remous créés par les démissions, effectives ou souhaitées.

Le CDS-PP, qui outre Paulo Portas, compte deux autres ministres au gouvernement a déclaré que ces derniers ne démissionneraient pas pour l'instant. Si le CDS-PP cessait de soutenir le Premier ministre, ce dernier perdrait sa majorité au Parlement.

Les créanciers du Portugal, qui ont consenti en mars à revoir les objectifs de déficit du pays, doivent entamer le 15 juillet leur prochaine évaluation de la situation économique du pays, mais cette échéance pourrait désormais être repoussée.

Il y a près d'un mois, le FMI avait qualifié de "sombre" l'avenir économique du Portugal, tout en débloquant une nouvelle tranche d'aide pour le pays.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Joanny

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  • marshaka le jeudi 4 juil 2013 à 12:26

    Il est de toute façon impossible pour le Portugal de rembourser ses dettes, que le taux soit à 8 % à 7 % ou même à 5 % n'y change rien, de toute façon la dette augmente tous les ans, comme pour les USA, le Japon et l'UE, le tout est de savoir quand sera sifflé la fin de la récréation !

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