L'Espagne sollicitera la présidence de l'Eurogroupe

le
0

par Robin Emmott RIGA, 26 avril (Reuters) - L'Espagne présentera dans les semaines à venir sa candidature pour occuper la présidence de l'Eurogroupe, la structure regroupant les ministres des Finances de la zone euro, a déclaré samedi le ministre de l'Economie espagnol Luis de Guindos. Le poste, que l'Espagne lorgne depuis longtemps pour compenser ce qu'elle perçoit comme une perte d'influence au sein de l'Union européenne (UE), est actuellement occupé par le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Son mandat se termine en juillet mais il aimerait bien être reconduit d'autant qu'il est apprécié. "C'est très simple; le président du gouvernement présentera la candidature de l'Espagne et nous pensons que nous avons une bonne chance... Nous avons du soutien", a dit de Guindos à la presse, à la suite d'une réunion des ministres des Finances de l'UE à Riga. De Guindos est le ministre de l'Economie du gouvernement de centre-droit de Mariano Rajoy depuis que celui-ci est arrivé au pouvoir en 2012. On lui reconnaît d'avoir tiré l'Espagne hors de la récession et de l'avoir placée sur la voie de la reprise après la crise de la zone euro de 2009 à 2014. Le chancelière allemande Angela Merkel lui avait adressé un satisfecit l'an passé en voyant en lui un "excellent ministre de l'Economie en une période difficile". Dijsselbloem avait mal débuté son mandat de deux ans et demi et sa gestion de la crise chypriote, en particulier, avait été critiquée parce qu'il avait prévu à l'origine de mettre à contribution les déposants ordinaires pour renflouer l'île. En définitive, seuls les déposants les plus riches avaient été touchés. Depuis lors, Dijsselbloem a impressionné les ministres par la manière dont il mène des discussions très tendues avec la Grèce et on considère qu'il maîtrise cet épineux dossier. Il est considéré comme quelqu'un qui a son franc-parler mais aussi apte au compromis et capable de trouver des solutions. La difficulté pour de Guindos sera de s'assurer un soutien suffisant au sein des Dix-Neuf pour succéder à Dijsselbloem. La question sera sans doute évoquée officieusement par les ministres des Finances en mai avant que les chefs d'Etat et de gouvernement ne tranchent le mois suivant. L'un des obstacles dont de Guindos doit tenir compte est que l'Espagne aura des élections législatives en fin d'année et il se peut que la zone euro rechigne à appuyer un candidat dont le parti n'est pas assuré d'être reconduit aux affaires. Suivant le droit européen, le président de l'Eurogroupe doit être l'un des ministres des Finances de la zone euro en exercice. (Wilfrid Exbrayat pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant