L'Espagne prône une coopération renforcée entre UE et pays du Sud

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BARCELONE, 13 avril (Reuters) - Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a lancé lundi un appel à une coopération renforcée entre Europe, Afrique du Nord et Moyen-Orient dans la lutte contre le terrorisme et l'immigration clandestine, lors d'une réunion à Barcelone des chefs de la diplomatie de l'Union européenne et de huit pays du pourtour méditerranéen. Cette réunion, la première de cette ampleur depuis 2008, répond aux pressions de pays comme l'Espagne ou l'Italie en faveur d'une action plus énergique de l'UE face aux problèmes auxquels est confronté le sud de l'Europe. Les conflits en Afrique du Nord et au Proche-Orient alimentent une vague d'immigration vers l'Europe qui coûte la vie à des centaines de migrants chaque année et pèse sur les ressources des pays d'accueil comme l'Italie. Les experts des questions de sécurité s'inquiètent par ailleurs de l'influence grandissante de groupes djihadistes comme l'Etat islamique en Libye. "Le terrorisme djihadiste est une menace directe pour la sécurité de nos pays et de nos concitoyens et constitue sans nul doute notre principale menace à l'heure actuelle", a déclaré Mariano Rajoy à l'ouverture de cette conférence organisée pour la journée dans le palais de Pedralbes. "Je suis persuadé qu'un engagement commun sur les deux rives de la Méditerranée nous permettra de vaincre la barbarie terroriste", a ajouté le président du gouvernement espagnol. L'Espagne a été le théâtre d'un des attentats les plus meurtriers d'Europe, commis par des islamistes contre des trains de banlieue en mars 2004, qui ont fait près de 200 morts. Mariano Rajoy a également appelé les pays d'origine et de transit à coopérer, seul moyen selon lui à même de freiner l'immigration clandestine. La Commission européenne travaille sur une nouvelle stratégie sur les migrations, qui devrait être dévoilée à la mi-mai. L'une des idées envisagées serait de participer à la mise en place de camps de réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique où il serait possible de déposer une demande d'asile, ce qui réduirait le nombre de traversées de la Méditerranée. L'Algérie, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, l'Autorité palestinienne et la Tunisie avaient envoyé des représentants à la réunion. Deux autres pays partenaires de l'UE mais déchirés par des conflits, la Libye et la Syrie, étaient absents. (Adrian Croft; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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