L'Espagne nationalise une huitième banque

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LA STRUCTURE DE DÉFAISANCE BANCAIRE ESPAGNOLE COMMENCE À PRENDRE FORME
LA STRUCTURE DE DÉFAISANCE BANCAIRE ESPAGNOLE COMMENCE À PRENDRE FORME

par Jesús Aguado et Sonya Dowsett

MADRID (Reuters) - L'Etat espagnol a pris jeudi le contrôle d'une huitième banque depuis le début de la crise alors que la structure de défaisance censée assainir un secteur plombé par des créances immobilières douteuses commence à prendre forme.

Madrid en effet annoncé s'être assuré de la participation de ses grandes banques, à l'exception de BBVA, au financement de cette "bad bank", la Sareb.

Cette dernière va reprendre les créances immobilières les plus toxiques détenues par les établissements bancaires en grande difficulté, au premier chef ceux que l'Etat a dû nationaliser ces dernières années.

L'existence de la Sareb est une condition préalable à l'octroi à Madrid de quelque 41 milliards d'euros de prêts européens destinés à recapitaliser le secteur bancaire.

Certains pensent que l'aide demandée par le gouvernement de Mariano Rajoy pour ses banques n'est que le préalable à une demande d'aide pour l'Etat lui-même.

Depuis plusieurs mois, plusieurs membres du gouvernement, Mariano Rajoy en tête, ne cessent de dire qu'une telle éventualité est à l'étude, sans pour autant avoir franchi le pas, qui permettrait pourtant à la Banque centrale européenne (BCE) d'activer son programme de rachats d'obligations d'Etat OMT.

Les contributeurs à la Sareb sont Santander, Caixabank, Popular, Sabadell et la caisse d'épargne Kutxabank, ainsi que quelques assureurs privés.

La Sareb sera dotée d'un capital de départ de 3,8 milliards d'euros, qui sera porté à cinq milliards par la suite, composé pour un quart d'actions et pour le reste d'obligations subordonnées, a précisé le ministère.

La structure regroupera initialement 44 milliards d'euros d'actifs, un bilan qui doit monter à 59 milliards ultérieurement.

D'AUTRES NATIONALISATIONS EN VUE ?

L'Etat espagnol va racheter plus de 50% du capital de Banco Mare Nostrum (BMN), un établissement de taille modeste non coté, a déclaré une porte-parole de BMN.

Il s'agit de la huitième nationalisation d'un établissement bancaire par l'Etat depuis le début de la double crise immobilière et financière qui sévit depuis 2008 dans le pays.

BMN, dont le total des actifs est proche de 70 milliards d'euros, espérait au départ renforcer son capital via une aide temporaire de l'Etat qui, selon ce scénario initial, n'aurait eu qu'une participation minoritaire.

"Nous ne connaissons pas encore le montant, mais il représentera plus de 50% (du capital de BMN) et il va s'agir d'une injection direction de capitaux", a dit le porte-parole de BMN.

L'Etat espagnol a été pressé par ses partenaires européens de résoudre au plus vite les difficultés de son secteur bancaire, ce qui a conduit Madrid à renoncer à des options telles que des prêts publics pour les établissements en difficulté.

"Il y a eu une grande bataille entre l'Europe et la Banque d'Espagne pour décider de la forme de l'injection de capital", a dit une source proche des négociations. "C'est le prix à payer pour l'aide: la Banque d'Espagne et le ministère de l'Economie ne sont plus aux commandes."

L'Etat espagnol avait déclaré avant le sauvetage de BMN que quatre petites banques - BMN, CEISS, Caja 3 et Liberbank - avaient besoin d'un total 1,5 milliard d'euros. Un audit du secteur bancaire dévoilé en septembre a avancé le chiffre de 6,2 milliards pour ces établissements.

CEISS, en passe de fusionner avec Unicaja, est également susceptible de recevoir une aide publique supplémentaire en plus de prêts déjà existants.

Mais, selon une source proche du dossier, il n'est pas encore possible de dire si Madrid devra en prendre le contrôle.

Wilfrid Exbrayat et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand

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