L'Espagne, fragmentée politiquement, bascule dans l'incertitude

le , mis à jour à 15:15
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 (Mot manquant deuxième para) 
    * Le Parti populaire (droite) a remporté les législatives 
    * Mais il n'a pas de majorité en vue 
    * Les socialistes refusent de soutenir Mariano Rajoy 
    * Podemos (gauche) réclame une nouvelle constitution 
 
    par Julien Toyer et Adrian Croft 
    MADRID, 21 décembre (Reuters) - Les partis politiques 
espagnols se retrouvent lundi confrontés à la tâche ardue de 
former une coalition à même de gouverner au lendemain 
d'élections législatives ayant débouché sur un parlement plus 
fragmenté que jamais, 40 ans après l'avènement de la démocratie. 
    Ce scrutin, marqué par la percée des mouvements Podemos 
(gauche radicale) et, dans une moindre mesure, Ciudadanos 
(centre), a mis fin à près de 40 ans de bipartisme en Espagne. 
    Le Parti populaire (PP) conservateur, arrivé en tête, mais 
en ayant perdu sa majorité absolue au Congrès des députés, tout 
comme le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), deuxième, 
doivent désormais se lancer dans la recherche d'alliances ou de 
formules de gouvernement inédites. 
    L'Espagne semble promise à plusieurs semaines de tractations 
politiques. Cette incertitude sur la future orientation 
économique du pays, toujours confronté à un chômage de masse 
après des années de récession, inquiète les investisseurs. La 
Bourse de Madrid  /.IBEX  perdait plus de 2% en milieu de 
journée alors que les autres grandes places européennes étaient 
en hausse. 
    "Nous entrons dans une période qui ne sera pas facile", a 
déclaré le président du gouvernement sortant, Mariano Rajoy, à 
ses partisans réunis au siège du PP dans le centre de Madrid. 
"Il va être nécessaire de conclure des pactes et des accords et 
je vais m'y employer." 
    Malgré la perte de millions de voix par rapport aux 
élections de 2011, le PP, affaibli par des affaires de 
corruption, devrait se voir confier la mission de former une 
coalition. 
    Son partenaire logique semblerait être Ciudadanos mais le 
mouvement centriste ne dispose que de 40 élus, ce qui, ajouté 
aux 123 des conservateurs, ne permet pas d'atteindre la majorité 
absolue de 176 sièges à la chambre basse du Parlement. 
 ID:nL8N14A025  
     
    LES SOCIALISTES HOSTILES À UNE GRANDE COALITION 
    Le chef de file de Ciudadanos, Albert Rivera, a exhorté 
lundi le PSOE à soutenir au cas par cas un gouvernement 
minoritaire dirigé par le PP. 
    "L'Espagne ne peut pas se permettre de devenir la Grèce. 
L'Espagne ne peut pas devenir un pays chaotique", a-t-il dit à 
la chaîne de télévision Telecinco. 
    Sous la direction de Pedro Sanchez, le PSOE, qui compte 90 
élus, a prévenu qu'il ne formerait pas de grande coalition avec 
le PP. 
    "L'Espagne a voté pour le changement. C'est désormais au PP 
d'essayer de former un gouvernement (...) mais les socialistes 
voteront 'non' à Rajoy et au PP", a déclaré un dirigeant du 
PSOE, Cesar Luena, lors d'une conférence de presse. 
    La performance de Podemos, troisième des élections et 
crédité de 69 élus, rééquilibre l'échiquier politique espagnol 
vers la gauche mais une possible coalition formée du PSOE, de 
Podemos et de trois autres formations ne contrôlerait que 172 
sièges. 
    Une telle alliance serait en outre difficile à former étant 
donné les divergences de vues économiques et institutionnelles, 
notamment sur le degré d'autonomie de la Catalogne, entre ces 
différents partis. 
    Pablo Iglesias, le secrétaire général de Podemos, a 
clairement affiché lundi son objectif: "Afin qu'aucun doute ne 
subsiste (...), Podemos ne permettra pas un gouvernement PP ni 
activement ni passivement." 
    Il a ajouté que la priorité de son mouvement était de doter 
le pays d'une nouvelle constitution. 
    "Ce résultat confirme que l'Espagne est entrée dans une ère 
de fragmentation politique", analyse Antonio Barroso, du cabinet 
de conseil Teneo Intelligence. "La grande question est de savoir 
s'il y aura une coalition de partis contre Rajoy." 
    La Constitution espagnole ne fixe pas de date-butoir à la 
formation d'un gouvernement mais certains analystes évoquent 
déjà l'hypothèse d'un retour devant les électeurs pour sortir de 
l'impasse en vue. 
     
    Renvois: 
    Résultats des élections   
    Le processus de formation du gouvernement   
     
 
 (Avec le bureau de Madrid; Bertrand Boucey pour le service 
français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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