L'Espagne dopera ses exportations de renouvelables via la France

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(Répétition sans changement de la dépêche transmise samedi matin) PARIS, 14 février (Reuters) - La France et l'Espagne préparent la mise en service d'une nouvelle liaison électrique souterraine à très haute tension qui renforcera la sécurité d'approvisionnement des deux pays et permettra à l'Espagne d'augmenter ses exportations d'électricité d'origine renouvelable. Cette ligne de 65 kilomètres dans les Pyrénées orientales, qui traverse le massif des Albères par une galerie longue de 8,5 km et large de 3,5 mètres, doit être inaugurée le 20 février par les pouvoirs publics avant une mise en service commerciale prévue en juin. Elle utilise la technique du courant continu, avec à chaque extrémité une station de conversion, et permettra de doubler le niveau d'interconnexion électrique entre la France et l'Espagne de 1,4 gigawatt (GW) à 2,8 GW. Selon RTE, la filiale d'EDF EDF.PA chargée du réseau de transport d'électricité français, la France a exporté vers l'Espagne 69% du temps en 2014, pour un solde exportateur de 3,6 térawattheures (TWh), à travers des lignes aujourd'hui saturées. L'Espagne, qui a mis en oeuvre un important programme de développement des énergies renouvelables ces dernières années, compte 102 GW de capacités de production électrique installées, dont près de 30 GW de capacités éoliennes et solaires et environ 20 GW de capacités hydrauliques. La nouvelle ligne permettra notamment de mieux exploiter les différences de consommation entre la France et l'Espagne, où les pointes sont atteintes autour de 19h et 21h respectivement, à un niveau de 40 GW en Espagne contre plus du double chez son voisin. "Dans des périodes de forte disponibilité de la ressource hydraulique et éolienne, l'Espagne est capable d'assurer toute sa consommation par des renouvelables, voire d'en avoir en trop", a souligné lors d'une conférence de presse Jean Verseille, directeur des affaires européennes de RTE. UN INVESTISSEMENT DE 700 MILLIONS "Il y a des périodes où l'Espagne doit baisser et donc finalement laisser perdre de la production d'éoliennes car il n'y a pas assez de consommation et pas les capacités pour faire profiter le reste de l'Europe de cette production", a-t-il ajouté. "Le renforcement de l'interconnexion va permettre cette valorisation des énergies renouvelables espagnoles, pour le bénéfice à la fois des consommateurs français et de façon plus large des consommateurs européens." A l'inverse, a également souligné Jean Verseille, l'Espagne pourra importer davantage d'électricité durant les périodes où ses capacités renouvelables ne produiront pas assez. L'investissement dans la nouvelle interconnexion a atteint environ 700 millions d'euros, supportés à parité par RTE et REE (Red Eléctrica de España), alors que le projet initial de liaison aérienne, par nature nettement moins coûteux, s'établissait à une centaine de millions d'euros. Déclarée "projet d'intérêt européen", la nouvelle ligne a bénéficié d'une subvention de l'Union européenne à hauteur de 225 millions d'euros et d'un prêt de la Banque européenne d'investissement de 350 millions consenti à RTE et à REE. Les stations de conversion de la nouvelle infrastructure ont été confiées à l'allemand Siemens SIEGn.DE pour environ 350 millions d'euros, la fabrication et la pose des câbles à l'italien Prysmian PRY.MI pour 250 millions et la galerie au français Eiffage FOUG.PA et à l'espagnol Dragados pour une centaine de millions. La France et l'Espagne développent un autre projet visant à porter leur niveau d'interconnexion électrique de 2,8 GW à 5 GW après 2020, a également indiqué Jean Verseille. (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)


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