L'Espagne demande à la CE de ne pas la pénaliser sur son déficit

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    MADRID, 7 mai (Reuters) - Le président du gouvernement 
espagnol par intérim, Mariano Rajoy, a adressé un courrier à la 
Commission européenne lui demandant de ne pas appliquer à son 
pays une amende pour manquement aux objectifs de réduction du 
déficit budgétaire en 2015. 
    Mariano Rajoy explique dans cette lettre envoyée au 
président de l'exécutif européen Jean-Claude Juncker que 
l'Espagne a consenti d'importants efforts, réduisant de moitié 
son déficit public, au cours des quatre dernières années, 
indique le quotidien El Pais. 
    Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé qu'un 
courrier de l'Espagne avait été reçu et qu'il allait être 
examiné. 
    Une source au sein du gouvernement espagnol a précisé que la 
lettre reprenait des informations qui avaient déjà été 
transmises à Bruxelles lors des derniers plans de réduction du 
déficit budgétaire. 
    Celui-ci devait être ramené à 4,2% du PIB pour 2015 mais cet 
objectif n'a pas pu être atteint en raison d'une hausse des 
dépenses des régions et d'une baisse des revenus tirés des 
cotisations sociales. 
    La Commission européenne envisage d'infliger des pénalités à 
l'Espagne et au Portugal en raison de ces manquements. 
Toutefois, des responsables ont expliqué à Reuters que la 
sanction pourrait être symbolique. 
    La pénalité maximale est de 0,2% du PIB, ce qui équivaudrait 
dans le cas de l'Espagne à 2,16 milliards d'euros. 
    Bruxelles pourrait également se montrer conciliant sur ce 
sujet et accorder un délai d'une ou deux années supplémentaires 
afin de permettre à l'Espagne de parvenir à la recommandation 
d'un déficit budgétaire de 3% du PIB, précisent plusieurs 
sources. 
    En maîtrisant mieux les dépenses des régions et en comptant 
sur une reprise économique, l'Espagne pourrait ramener son 
déficit à 3,6% cette année contre les 2,8% qui étaient 
anticipés. Les autorités communautaires tablent, elles, sur un 
chiffre de 3,8% en 2016 et 3,1% en 2017. 
    Cette question épineuse intervient à un moment délicat pour 
Mariano Rajoy qui n'est pas parvenu à constituer un gouvernement 
de coalition après les élections de décembre qui ont laissé le 
pays sans majorité claire au parlement. 
    De nouvelles élections législatives doivent avoir lieu le 26 
juin. 
         
 
 (Sarah White et Robert-Jan Bartunek à Bruxelles; Pierre 
Sérisier pour le service français) 
 
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