L'Erythrée rejette les accusations "indécentes" de l'Onu

le , mis à jour à 19:26
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NAIROBI, 9 juin (Reuters) - L'Erythrée a jugé mardi "indécentes" et "exagérées" les accusations de la commission des droits de l'homme des Nations unies, rendues publiques la veille, selon lesquelles le gouvernement d'Asmara pourrait s'être rendu coupable de crimes contre l'humanité. Ces accusations, selon le ministère érythréen des Affaires étrangères, sont "totalement infondées". Des enquêteurs de l'Onu, qui ont travaillé sur le sujet pendant un an, ont recueilli des récits d'exécutions extrajudiciaires, de tortures systématiques, d'esclavage sexuel et de travaux forcés. "La commission conclut que des atteintes systématiques, répandues et flagrantes aux droits de l'homme ont été et sont menées en Erythrée sous l'autorité du gouvernement", peut-on lire dans leur rapport de 484 pages présenté lundi. Les enquêteurs dénoncent notamment le "service national" obligatoire d'une durée théorique de dix-huit mois qui, écrivent-ils, sert souvent à réduire des Erythréens à l'état d'esclave et dissimule des pratiques de "détention arbitraire, torture, torture sexuelle, travail forcé et absence de congés". L'Erythrée dispose d'un vaste réseau de surveillance et de contrôle de la population et les autorités considèrent comme une trahison toute tentative d'exil, ajoutent-ils. Le pays est-africain est pourtant l'un des principaux pays d'émigration: on estime que 6 à 10% des Erythréens sont aujourd'hui recensés comme réfugiés par les Nations unies. (Edith Honan, Henri-Pierre André Guy Kerivel pour le service français)

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