L'équipe de Hollande nuance l'objectif de recul du nucléaire

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L'ÉQUIPE DE FRANÇOIS HOLLANDE NUANCE L'OBJECTIF DE RECUL DU NUCLÉAIRE
L'ÉQUIPE DE FRANÇOIS HOLLANDE NUANCE L'OBJECTIF DE RECUL DU NUCLÉAIRE

PARIS (Reuters) - L'objectif de François Hollande de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité en France passera par une mise en oeuvre pragmatique, a déclaré mardi Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat socialiste à l'élection présidentielle.

François Hollande s'est engagé à ne fermer que la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) - la plus vieille de France - au cours du prochain quinquennat s'il est élu, prenant ainsi ses distances avec un accord conclu fin 2011 entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts, qui prévoyait de fermer 24 des 58 réacteurs français d'ici à 2025.

Il a cependant fixé l'objectif de ramener la part de l'électricité nucléaire en France de 75% à 50% à l'horizon 2025, un projet que le gouvernement critique en faisant valoir que la fermeture prématurée des centrales françaises, dont il veut prolonger la durée de vie de 40 à 60 ans, aurait des effets néfastes en matière de tarifs, d'emplois ou de compétitivité des entreprises.

"Nous sommes sur un objectif qui montre une trajectoire et une volonté mais (ce) n'est pas un objectif qui doit s'inscrire dans une psychorigidité politique, dans une idéologie qui nous conduirait à ignorer tous les autres paramètres", a déclaré Bernard Cazeneuve lors d'une conférence de presse au siège de campagne de François Hollande.

"Il y a un objectif qui matérialise la volonté de changer de politique énergétique mais il n'y a pas de psychorigidité dans la manière de conduire cela, ni de volonté de détruire de la valeur", a ajouté le député-maire de Cherbourg.

"TRANSITION ÉNERGÉTIQUE"

"Nous faisons le choix de l'audace mais il n'y a pas d'incompatibilité entre l'audace, le pragmatisme, la responsabilité et la rationalité", a-t-il encore fait valoir.

François Brottes, chargé de l'énergie au sein de l'équipe de François Hollande, a de son côté souligné que l'objectif fixé par le candidat passerait par des économies d'énergies, en particulier dans l'habitat, conjuguées au développement accéléré des renouvelables et à la recherche en matière de stockage d'électricité, mais aussi par une filière nucléaire "forte".

"Si on ne démarre pas maintenant on est sûr qu'on n'aura qu'un seul choix, c'est la prolongation des réacteurs à tout prix (...). La responsabilité, c'est de prendre une autre trajectoire", a-t-il ajouté, en évoquant une réduction à 50% de la part du nucléaire à un horizon "2025-2030".

Interrogé sur le coût du programme de François Hollande, son conseiller énergie a en outre déclaré que, pour ne pas creuser les déficits budgétaires, l'Etat financerait à dividendes constants les économies d'énergies et les énergies renouvelables grâce aux ressources issues du nucléaire, "sans pour autant priver l'Etat de ce qu'il retire aujourd'hui comme revenus de la part des entreprises de l'énergie".

"On est dans un modèle vertueux où c'est le secteur lui-même qui, dans une approche globale, va financer la transition", a-t-il expliqué. "S'il y a plus de dividendes, le plus est mis au pot de la transition énergétique."

Prié de dire si le PDG d'EDF Henri Proglio pourrait être évincé en cas d'accession de François Hollande à la présidence de la République, Bernard Cazeneuve a de son côté déclaré : "Dans les entreprises publiques, les présidents sont là pour mettre en oeuvre (les orientations fixées par l'Etat). S'ils le font, les choses se passent bien. S'ils ne le font pas, l'Etat a des décisions à prendre."

"On ne bâtit pas une politique industrielle cohérente en demandant des têtes avant même d'être en situation d'exercer la responsabilité du pouvoir, ce ne serait pas raisonnable", a-t-il souligné.

Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot

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  • lsleleu le mercredi 15 fév 2012 à 08:28

    On nous refait le coup de 1981, les ecolos seront les cocus de l'histoire sauf qu'ils obtiendont enfin de quoi exister à l'assenpblée nationale