L'épouse de Raïf Badawi : «J'espère que la France s'adressera à l'Arabie saoudite»

le , mis à jour à 07:16
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Cinquante coups de fouet. C'est le châtiment cruel infligé en public, le 9 janvier 2015, à Raïf Badawi devant une mosquée de Djeddah, en Arabie saoudite. Le tort de cet homme ? Avoir créé et animé sur Internet une plateforme où s'échangeaient des idées en faveur de la libéralisation du royaume. Arrêté en 2012 pour apostasie et insulte à l'islam, le blogueur a été condamné à dix ans de prison et 1000 coups de fouet répartis sur 20 semaines, une lente mise à mort.

La première séance de flagellation n'aura pourtant pas de suite. Officiellement à cause de son effet dévastateur sur la santé de Badawi, mais aussi parce que Riyad pourrait avoir été bousculé par la mobilisation naissante autour du blogueur. Dans les semaines qui suivent l'attentat de Charlie Hebdo, l'opinion internationale s'émeut du sort du trentenaire, devenu un autre symbole de la liberté d'expression. Sur les réseaux sociaux, «Je suis Raïf» apparaît dans le sillage de «Je suis Charlie». Les campagnes d'ONG comme Amnesty International trouvent un écho chez les responsables politiques occidentaux et le Parlement européen remet au Saoudien, en décembre 2015, le Prix Sakharov pour la liberté d'esprit.

Raïf Badawi étant confiné dans sa geôle, les mains qui reçoivent la distinction sont celles d'Ensaf Haidar, son épouse et sa meilleure alliée. Dans un livre* touchant qu'elle publie aujourd'hui, elle raconte, outre son combat, son histoire d'amour avec Raïf, leur mariage contre la volonté de leurs familles, la création du forum Internet. Puis les ennuis judiciaires qui ont fait basculer sa vie et l'ont obligée à s'exiler en Egypte, au Liban puis au Québec, où elle a trouvé asile avec ses enfants en 2013. Fil rouge du récit, le téléphone, instrument de la rencontre fortuite d'un couple, que rien n'autorise en Arabie saoudite, et aujourd'hui unique objet qui relie Raïf Badawi à sa famille.

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  • noterb1 il y a 7 mois

    que dire à de si grands amis ? leur portefeuille est tellement épais . On constate cependant que sous Sarkozy ou Hollande ces grands démocrates restent nos amis !

  • manue.fe il y a 7 mois

    Qu'ils s entretuent ces barbares.

  • bouchet1 il y a 7 mois

    et les gouvernements démocratiques ne font rien contre ces terrorismes de chefs qui ont voler le pouvoir au peuple... bien au contraire ils les reçoivent avec "honneur" et bassesse!