L'épidémie de Zika relance le débat sur l'avortement au Brésil

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Le 23 décembre 2015, à Santa Cruz do Capibaribe, au Brésil, un couple et leur bébé qui souffre de microcéphalie ce qui lui a provoqué une paralysie cérébrale.
Le 23 décembre 2015, à Santa Cruz do Capibaribe, au Brésil, un couple et leur bébé qui souffre de microcéphalie ce qui lui a provoqué une paralysie cérébrale.

Plus de 3 500 cas de microcéphalie affectant les foetus ont été recensés en janvier. L’avortement reste interdit dans ce cas.

Silvia, 32 ans (le prénom a été modifié), était à douze semaines de grossesse quand elle a décidé d’avorter dans l’une des cliniques huppées de Sao Paulo, au Brésil. L’intervention s’est déroulée vendredi 15 janvier, dans la clandestinité. Quelques jours plus tôt, le médecin lui avait annoncé le verdict : la jeune femme avait été infectée par le virus Zika, une épidémie dévastatrice au Brésil, transmise par le moustique Aedes aegypti. La plupart du temps anodine, voire indétectable, chez l’adulte, la maladie peut se transmettre au foetus et provoquer une terrible malformation, la microcéphalie. L’enfant naît avec une boîte crânienne inférieure à 33 centimètres et souffre de retards de développement plus ou plus sévères.

Le Brésil s’interroge « J’étais incapable de lui dire si la probabilité que le foetus soit contaminé était de 1 %, 50 % ou 100 %, explique le médecin, mais je l’ai prévenue. » La microcéphalie ne se détecte qu’à six mois de grossesse. Désespérée, Silvia n’a pas voulu prendre de risque, quitte à se transformer en criminelle aux yeux de la loi brésilienne.

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est, dans le pays, interdite sauf en cas de viol, de mise en danger de la vie de la mère et, depuis une décision de la Cour suprême rendue en 2012, en cas d’anencéphalie (absence de cerveau), une malformation condamnant les nouveaux nés à ne survivre que quelques minutes après l’accouchement. Au regard de la loi, la microcéphalie ne justifie pas d’avortement, le...

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