L'envoyé de l'Onu sur le Yémen s'inquiète de l'escalade militaire

le
0
    * Les deux parties refusent toujours la feuille de route 
    * Deux tiers de la population a besoin d'aide, selon l'Onu 
    * Ayrault appelle à ne pas oublier ce conflit 
 
    PARIS, 14 mars (Reuters) - L'envoyé spécial de l'Onu pour le 
Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, s'est inquiété mardi de 
l'escalade militaire en cours dans ce pays ravagé par la guerre 
depuis deux ans et de l'impasse dans laquelle sont plongées les 
négociations de paix entre les deux parties.  
    Ce conflit est devenu dramatique compte tenu de la situation 
humanitaire dans le pays, où deux tiers de la population a 
besoin d'aide, a-t-il dit à la presse à l'issue d'un entretien 
avec le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, à 
Paris. 
    "Un des sujets qui nous préoccupe, c'est le fait qu'on a vu 
une augmentation des opérations militaires avec les conséquences 
que cela peut avoir pour les civils", a-t-il souligné, faisant 
de l'obtention d'un cessez-le-feu une priorité.  
    "On sait qu'aujourd'hui une solution est proche parce qu'on 
la connaît, on sait qu'elle doit être basée sur un aspect 
militaire et un aspect politique", a poursuivi le diplomate 
mauritanien. "Il est un peu dommage que les parties ne veulent 
pas s'asseoir à la table pour discuter de cela." 
    Au moins 10.000 personnes ont été tuées et des millions 
d'autres déplacées, selon les Nations unies, depuis le 
déclenchement, en mars 2015, de l'intervention de la coalition 
militaire emmenée par l'Arabie saoudite au Yémen contre les 
rebelles Houthis. 
    Ces rebelles d'obédience chiite, soutenus par l'Iran, ont 
pris le contrôle de la capitale Sanaa en septembre 2014 avant de 
contraindre le gouvernement du président Abd-Rabbou Mansour 
Hadi, qui s'était replié à Aden, à un exil de six mois.  
    Soutenues par les armées des pays du Golfe, les forces 
pro-gouvernementales ont reconquis début février la ville de 
Mokha, sur la mer Rouge, et se rapprochent de Hodeidah.     
     
    PROCESSUS DE PAIX AU POINT MORT 
    La coalition est régulièrement critiquée pour ses raids 
aériens, qui ont depuis deux ans touché des écoles, des 
hôpitaux, des marchés et des résidences de particuliers. Le 
dernier en date, vendredi, a tué au moins 22 civils sur un 
marché de qat, à Khoukha, un port de pêche sur la mer Rouge. 
  
    Le processus de paix, que le médiateur onusien tente de 
raviver depuis son entrée en fonction en avril 2015, est lui au 
point mort depuis plusieurs mois.  
    Les deux parties refusent la feuille de route de l'Onu qui 
prévoit notamment la constitution d'un nouveau gouvernement, le 
retrait des rebelles et une réduction des pouvoirs 
présidentiels.  
    "C'est un conflit dont on parle moins que d'autres mais il 
ne doit pas à être oublié car les conséquences humanitaires sur 
le terrain sont catastrophiques", a souligné Jean-Marc Ayrault, 
jugeant les cibles civiles "inacceptables".  
    "Cette situation doit être stoppée le plus vite possible, 
c'est un appel que nous lançons aux parties", a-t-il ajouté, 
réaffirmant son soutien à la feuille de route onusienne. 
 
 (John Irish et Marine Pennetier, édité par Henri-Pierre André) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant