L'envoi d'une unité spéciale en Irak n'annonce pas d'invasion-Obama

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 (Actualisé, réaction de Bagdad, §§ 3-5) 
    WASHINGTON, 3 décembre (Reuters) - Le prochain déploiement 
d'une nouvelle unité des forces spéciales américaines en Irak 
dans le cadre de la lutte contre l'Etat islamique ne signifie 
pas que les Etats-Unis vont se lancer dans une nouvelle 
intervention au sol de grande ampleur comme en 2003, a assuré 
jeudi Barack Obama.  
    Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a annoncé 
mardi la création de cette unité chargée d'aider les forces 
irakiennes et les peshmergas kurdes à combattre les djihadistes. 
L'état-major a précisé le lendemain qu'elle serait constituée 
d'une centaine d'hommes.  ID:nL8N13Q4E7  
    Le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi a redit jeudi 
son hostilité au déploiement de cette nouvelle unité. 
    L'Irak n'a en aucune manière réclamé le déploiement sur son 
territoire de forces terrestres étrangères et un tel déploiement 
sera considéré comme "un acte d'agression", affirme-t-il sur sa 
page Facebook. 
    Mardi déjà, le Premier ministre avait déclaré que l'Irak 
n'avait pas besoin de forces terrestres étrangères, ajoutant que 
tout déploiement de troupes étrangères nécessitait l'approbation 
de son gouvernement et ne devait pas empiéter sur la 
souveraineté nationale irakienne. 
    "Quand je dis 'pas de troupes au sol', je pense que les 
Américains comprennent que nous n'allons pas recommencer une 
invasion comme celle de l'Irak, ni en Irak ni en Syrie, en 
envoyant des bataillons dans le désert", a déclaré pour sa part 
Barack Obama dans un entretien diffusé jeudi par CNN.  
    "Mais ce que j'ai dit très clairement, c'est que nous 
allions systématiquement faire pression sur l'EIIL et finir par 
l'anéantir, ce qui suppose d'avoir un organe militaire dont 
c'est la tâche", a-t-il ajouté. 
    Reconnaissant que les seules forces spéciales ne viendront 
pas à bout des djihadistes, Barack Obama explique qu'elles 
peuvent en revanche améliorer la collecte de renseignement, la 
coordination des forces locales et la précision des raids 
aériens.  
    "Nous développons des partenariats, qui ne sont toutefois 
pas encore aussi étroits que nous le souhaitons, avec les tribus 
locales et les sunnites prêts à combattre l'EIIL", a-t-il 
ajouté. 
    "Nous savons, je crois, que sans troupes au sol prêtes à 
affronter Daech, on ne pourra pas complètement l'emporter avec 
les seuls moyens aériens", a quant à lui déclaré le secrétaire 
d'Etat John Kerry, précisant qu'il pensait à des combattants 
syriens ou de pays arabes, et pas à des Occidentaux.  
    Environ 3.500 soldats américains conseillent et assistent 
actuellement l'armée irakienne. En octobre dernier, un membre 
des forces spéciales américaines a trouvé la mort durant une 
opération menée en coordination avec les combattants kurdes pour 
secourir des otages détenus par l'EI dans la ville de Haouidja. 
 
 (Susan Heavey avec Lisa Lambert et Arshad Mohammed, 
Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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