L'environnement et la diplomatie, principales victimes du premier budget Trump

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 (Actualisé avec réaction du secrétaire d'Etat Rex Tillerson § 
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    par Roberta Rampton 
    WASHINGTON, 16 mars (Reuters) - Le projet de budget de 
Donald Trump, présenté mercredi par la Maison blanche, envisage 
des réductions considérables de l'enveloppe financière consacrée 
à l'environnement et à la diplomatie au profit des dépenses de 
défense et de la lutte contre l'immigration clandestine. 
    L'Agence de protection de l'environnement (EPA) et le 
département d'Etat font l'objet des coupes les plus sévères du 
projet de budget pour l'exercice fiscal 2018 exposé à la presse 
par le directeur du budget de la Maison blanche, Nick Mulvaney. 
    Le département d'Etat et les programmes d'aide au 
développement à l'étranger (USAID) verraient ainsi leur budget 
global diminuer de 28% en 2018 (10,9 milliards). En déplacement 
à Tokyo, le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, a jugé 
que le niveau des dépenses atteint par la diplomatie américaine 
n'était "simplement plus tenable" et a ajouté qu'il acceptait 
volontiers le "défi" lancé par Donald Trump. 
    L'agence environnementale subit elle une coupe de 31% (2,6 
milliards). Des programmes de recherche sur le réchauffement 
climatique sont supprimés et, en l'état, le projet conduirait à 
la suppression de 3.200 postes, soit 19% de ses effectifs. 
    "Il est temps de rendre prioritaires la sécurité et le 
bien-être des Américains, et de demander au reste du monde de 
s'impliquer et de payer sa part", explique Trump dans une lettre 
d'introduction au texte, qui devra être soumis au Congrès.  
    Comme annoncé, Trump souhaite augmenter le budget de la 
Défense de 54 milliards de dollars, lancer la construction d'un 
mur à la frontière mexicaine - dont il veut présenter la facture 
finale au Mexique - et concrétiser certaines autres promesses de 
campagne.   
    Le projet ne fait en revanche pas mention de la promesse de 
consacrer 1.000 milliards de dollars à des dépenses 
d'infrastructures (routes, ponts et aéroports). La Maison 
blanche a dit que ce plan serait présenté ultérieurement. 
    Le document précise les grandes lignes des dépenses 
discrétionnaires du gouvernement pour l'exercice fiscal 2018, 
qui débute le 1er octobre. Il représente un premier pas vers des 
débats qui promettent d'être houleux au Congrès sur le budget 
global de l'administration Trump. 
    Les hausses dans le secteur de la défense sont compensées 
par des coupes budgétaire dans d'autres domaines, afin d'éviter 
de ne pas creuser le déficit fédéral de 488 milliards de 
dollars, précise Nick Mulvaney, qui concède qu'une réduction des 
effectifs fédéraux est à attendre. 
    "On ne peut pas assécher le marais et laisser tout le monde 
dedans", déclare-t-il.  
     
    AMERICA FIRST 
    Si certaines coupes drastiques sont susceptibles d'être 
rejetées par le Congrès à majorité républicaine, d'autres 
aspects représentent l'aboutissement de projets défendus de 
longue date par le Grand Old Party. 
    Certains républicains modérés se sont déjà dit gênés par les 
réductions prévues dans des programmes de subventions 
énergétiques, de formation ou de traitement de l'eau. 
    Les équipes du budget à la Maison blanche se sont fondées 
sur les discours de campagne de Trump et sa promesse de faire 
passer l'Amérique en premier "America first" dans leurs calculs. 
    "Nous avons changé ces politiques en chiffres", a déclaré 
Mulvaney, détaillant un projet de budget favorable à l'arsenal 
nucléaire, aux vétérans, au FBI et à la lutte contre le crime 
organisé par le département de la Justice. 
    Selon le texte, le département de la Sécurité intérieure se 
verrait octroyer une hausse de 6,8% de ses dépenses, notamment 
en vue d'assurer l'interception, la détention et l'expulsion de 
migrants en situation irrégulière aux Etats-Unis. 
    Trump entend en outre demander au Congrès 1,5 milliard de 
dollars pour la construction du mur à la frontière mexicaine, un 
montant tout juste suffisant à financer des prototypes, avant  
de réclamer une enveloppe de 2,6 milliards en 2018. 
    L'estimation du coût total du mur figurera dans le budget 
complet, attendu à la mi-mai, qui dressera les dépenses et 
revenus des dix prochaines années. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Henri-Pierre 
André) 
 
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