L'entrepreneur corse Michel Tomi en garde à vue

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L'ENTREPRENEUR CORSE MICHEL TOMI EN GARDE À VUE
L'ENTREPRENEUR CORSE MICHEL TOMI EN GARDE À VUE

PARIS (Reuters) - L'entrepreneur corse Michel Tomi, spécialisé dans les jeux dans plusieurs pays africains, a été placé mercredi en garde à vue dans le cadre d'une enquête financière lancée en juillet 2013 pour "blanchiment aggravé", a-t-on appris de source judiciaire.

Les policiers de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales et de l'Office central de répression de la grande délinquance financière vont l'interroger sur l'origine de ses revenus, son train de vie et ses relations avec le chef de l'Etat malien, Ibrahim Boubacar Keita, dit "IBK", précise l'Express.fr, qui a révélé l'information.

"Il est entendu sur commission rogatoire", a précisé la source judiciaire.

Une information judiciaire a été ouverte en juillet 2013 par le parquet de Paris pour blanchiment aggravé en bande organisée, abus de biens sociaux et faux en écriture privée, ajoute-t-on.

Dans un entretien à l'Express début juin, l'entrepreneur avait démenti être le "parrain des parrains corses", comme l'ont laissé entendre plusieurs médias.

"J'ai vraiment du mal à comprendre. Ma vie est en Afrique. Je n'ai aucune affaire en Corse, où je ne vais plus. Je suis un homme d'affaires, président d'un groupe important, pas un parrain", disait-il.

Il a seulement reconnu soutenir financièrement la veuve de Richard Casanova, soupçonné d'être un pilier du gang de la "Brise de mer" et assassiné en 2008 et employer au PMU gabonais le fils d'un homme recherché par toutes les polices de France.

"J'emploie une cinquantaine de jeunes Corses en Afrique", a-t-il précisé.

"?IBK' EST UN FRÈRE"

Interrogé sur ses relations avec le président malien, il le présente comme un "frère" au sens africain du terme.

"Avec IBK, nous nous connaissons depuis plus de vingt ans. Parler de corruption, comme le suggère la justice française, n'a aucun sens. Les présidents africains ne sont-ils pas supposés avoir de l'argent? Comment les corrompre? Nous avons le droit de déjeuner ensemble."

Les enquêteurs soupçonnent l'homme d'affaires d'avoir aidé financièrement l'actuel président malien lors d'un séjour à Marseille. Mais Michel Tomi, qui concède y avoir déjeuné avec ce dernier, souligne qu'il n'était pas encore président et balaie l'argument dans son interview à L'Express.

"Je ne pense pas que l'on puisse parler de corruption pour un repas. Lorsque, par souci de discrétion, IBK est allé réaliser un bilan médical à Marseille plutôt qu'à Paris, il était en voyage officiel: nous étions escortés par des policiers français. Vous parlez d'une opération clandestine !", dit-il.

Ibrahim Boubacar Keita a de son côté annoncé sa décision de porter plainte contre le journal Le Monde, qui le citait dans une enquête sur l'affaire visant Michel Tomi.

Cet article "vise à salir l'honneur d'un homme, Ibrahim Boubacar Keita, dont les valeurs d'intégrité et de rigueur morale n'ont jamais été remises en cause", avait indiqué dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement malien, ajoutant qu'"IBK" étudiait les suites judiciaires à y donner.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • M4960905 le mercredi 18 juin 2014 à 12:34

    Black micmac corse