L'entraîneur de Bordeaux est "désolé", récuse tout racisme

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(Actualisé avec réaction Frédéric Thiriez) BORDEAUX, 6 novembre (Reuters) - L'entraîneur des Girondins de Bordeaux Willy Sagnol s'est dit désolé jeudi d'avoir pu choquer par ses propos sur le profil des joueurs africains mais a récusé tout racisme et regretté que le débat se soit "déplacé sur la scène politique". Alain Jakubowicz, le président de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), a déploré que l'ancien international n'ait pas présenté d'excuses formelles. "Il ne s'est pas excusé, il s'est dit désolé", a-t-il dit sur BFM TV. A contrario, le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, estime jeudi soir qu'après "le mea culpa de Willy Sagnol (...), cette affaire est close". "Pour autant, le football a encore des efforts à faire pour lutter au quotidien contre le racisme, la violence et toutes les formes de discrimination", ajoute-t-il dans un communiqué. "Si par mon manque de clarté et ma sémantique imparfaite, j'ai pu faire que des personnes se soient senties choquées, humiliées ou blessées, j'en suis désolé", a plaidé Willy Sagnol devant la presse, après trois jours de polémique. "L'interprétation que ces personnes ont pu faire ne reflète en rien la pensée qui était la mienne et surtout mes convictions humanistes", a ajouté l'ancien international, en présence de Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6, propriétaire des Girondins de Bordeaux, et du président du club Jean-Louis Triaud. Le Parti socialiste et des associations antiracistes ont appelé la Fédération française de football (FFF) à sanctionner l'entraîneur bordelais, sous le feu de la presse et de personnalités du football, comme son ex-équipier Lilian Thuram. "J'ÉVOQUAIS L'INTELLIGENCE TACTIQUE" Lors d'un entretien lundi au quotidien Sud Ouest, Willy Sagnol avait souligné l'importance pour les clubs français du réservoir africain, tout en estimant qu'il fallait aussi des Nordiques. "L'avantage du joueur typique africain, c'est qu'il est pas cher quand on le prend, c'est un joueur qui est prêt au combat généralement, qu'on peut qualifier de puissant sur un terrain", disait-il. "Mais le foot, ce n'est pas que ça. Le foot c'est aussi de la technique, de l'intelligence, de la discipline, il faut de tout." Soulignant avoir tenu ces propos dans un cadre "uniquement sportif, et nullement politique, ou sociétal", Willy Sagnol a assuré n'avoir "en aucun cas voulu parler de l'intelligence, au sens propre du terme, des individus". "Lorsque j'ai parlé de l'Africain moins cher et prêt au combat, je voulais juste parler du jeune joueur africain qui arrive en Europe, avec toute sa volonté de réussir, et souvent pour échapper à une situation précaire. Ensuite, étant donné que nous étions dans une situation de football, l'intelligence que j'évoquais était bien évidemment l'intelligence tactique", a-t-il avancé. Il a regretté que ses détracteurs n'aient pas lu ses propos jusqu'au bout, notamment la phrase : "Une équipe de foot, c'est comme la vie, c'est comme la France, c'est un mélange". Il s'est dit "blessé", et même "certainement autant que ceux qui ont mal interprété" ses propos, mais il a aussi assuré qu'il avait reçu de très nombreux soutiens. Henri Saivet, attaquant de Bordeaux, a affirmé mercredi sur RMC que Willy Sagnol s'était excusé auprès des joueurs du club. "Pour nous, l'affaire est close", a-t-il dit. "Willy Sagnol est tout sauf raciste. L'interprétation de ses propos est totalement erronée", a déclaré le même jour sur Europe 1 Jean-Louis Triaud. (Claude Canellas avec Gérard Bon, édité par Sophie Louet)


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