L'enquête sur la police de Marseille prend de l'ampleur

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L'ENQUÊTE SUR LA POLICE DE MARSEILLE S'ÉLARGIT
L'ENQUÊTE SUR LA POLICE DE MARSEILLE S'ÉLARGIT

MARSEILLE (Reuters) - L'enquête sur les agissements des policiers de la Brigade anti-criminalité Nord de Marseille continue de s'élargir avec la découverte de drogue, d'argent liquide et de bijoux dans les locaux et au domicile des agents soupçonnés de corruption.

Douze fonctionnaires de ce service sont en garde à vue depuis mardi et 15 autres policiers de la même BAC Nord ont été entendus mercredi avec le statut de témoin dans cette instruction pour "vol et extorsion en bande organisée" et "détention, acquisition, transport, cession de stupéfiant", a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête.

Le service compte en tout 60 policiers, dont 30 à 40 travaillent de jour. Ce sont ces derniers qui sont visés.

Les policiers de l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) ont découvert du haschich, de l'argent liquide et divers objets, dont des bijoux cachés dans les faux-plafonds dans les locaux de la BAC situés dans le XVe arrondissement de Marseille, ainsi qu'au domicile de certains suspects lors des perquisitions effectuées mardi, apprend-t-on de même source, confirmant une information de la radio RTL.

Ces découvertes confirmeraient les accusations portés contre les fonctionnaires.

Selon les premiers éléments de l'enquête, les policiers se faisaient en effet remettre des produits stupéfiants ou de l'argent par des trafiquants de drogue ou des vendeurs de cigarettes à la sauvette et fermaient les yeux en échange.

Les enquêteurs de l'IGPN disposent d'enregistrements sonores effectués dans les voitures de patrouille de la BAC ainsi que d'écoutes téléphoniques.

FAIRE LE TRI

"Comme dans toute enquête policière, il n'y a pas seulement les auteurs qui sont entendus. Il faudra faire le tri entre les ripoux, les naïfs et les innocents", a déclaré jeudi à Reuters Alphonse Giovannini, secrétaire régional du syndicat Unité Police pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

"Il n'y a pas eu de laxisme de l'administration, mais une souricière qui a été montée. Il faut laisser travailler les enquêteurs dans la sérénité et ne pas jeter la pierre sur l'ensemble du service de la BAC", a-t-il ajouté.

La garde à vue des policiers mis en cause a été prolongée de 48 heures et se terminera vendredi. Ils seront ensuite éventuellement déférés devant la juge d'instruction Patricia Krummenacker.

Le parquet de Marseille avait ouvert une information judiciaire en février dernier dans ce dossier après avoir recueilli plusieurs témoignages accusant ces policiers.

"Il s'agit d'une instruction criminelle de vaste ampleur, un certains nombre d'autres interpellations vont être faites", avait déclaré mardi lors d'une conférence de presse Jacques Dallest, le procureur de la République de Marseille.

Le parquet de Marseille a annoncé qu'il communiquerait de nouveau sur cette enquête vendredi.

Les faits de vols et extorsion en bande organisée relèvent de la juridiction criminelle et les peines encourues peuvent atteindre 20 ans de réclusion.

François Revilla, édité par Yves Clarisse

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  • janaliz le jeudi 4 oct 2012 à 13:25

    Tout est pourri dans cette ville.

  • M2280901 le jeudi 4 oct 2012 à 13:12

    ça fait quand même 50% de ripous