L'enfance d'un roi

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L'enfance d'un roi
L'enfance d'un roi

Entre sa naissance en 1947 et son premier match en équipe professionnelle de l'Ajax Amsterdam, dix-sept ans s'écoulent. Dix-sept ans à battre le pavé du quartier laïcard et communiste de Betondorp, à proximité du stade De Meer, l'ancienne enceinte de l'Ajax Amsterdam. Dix-sept ans à courir, dribbler, apprendre, gueuler, se rebeller, provoquer, émerveiller, fumer, chercher un père, s'affirmer et se faire un nom. Pour devenir Johan Cruyff, une bonne fois pour toutes.

Visage poupin, t-shirt blanc échancré, jean délavé sans forme et bracelet aux couleurs du Kenya: Rick Verheul, jeune Hollandais de 21 ans, accueille pieds nus, dans un grand sourire. Étudiant (donc) fauché, il s'occupe à temps partiel de l'entretien des jardins du voisinage pour récolter un peu d'argent de poche et faire baisser le prix du loyer. Il vit en colocation dans cette petite maison blanche et verte d'une quarantaine de mètres carrés. Un salon bordélique rempli de cadres et de cartons, de jeux de société qui jonchent le sol et d'assiettes sales sur la table. "C'est mon appart', c'est vrai. Mais c'est aussi un peu le sien, et ça ne je peux pas l'enlever de ma tête. Il est même venu nous rendre visite une fois. Regardez la photo accrochée au mur, c'est lui. Malheureusement je ne suis pas à ses côtés, car j'étais derrière l'appareil…" Au centre du cliché, un type rayonnant, veste orange fluo sur les épaules, entouré de deux jeunes gens à peine intimidés par l'homme le plus célèbre des Pays-Bas: Johan Cruyff en chair et en os, de retour dans sa maison d'enfance, cinquante-cinq ans après l'avoir quittée. "Il a été adorable, a serré la main de tout le monde, nous a demandé la permission pour visiter. C'était très bizarre de le voir assis dans mon canapé, poursuit Rick. Ça a pas mal changé depuis le temps, des murs ont été abattus mais j'aime imaginer que je dors dans sa chambre." Le reste de l'année, quelques touristes espagnols curieux rôdent autour de la maison et jettent un coup d'œil rapide sans oser frapper. Certains tentent de déchiffrer le texte en néerlandais, une citation de Cruyff, qui recouvre une des fenêtres de la maison. Un coup de pub du promoteur du quartier, validé par Rick, amusé par tout ce folklore auquel il ne s'attendait pas vraiment. En revanche, il est moins enthousiaste au sujet du projet de transformation de sa maison en musée, ce qui l'obligerait à déménager avant décembre prochain. C'est qu'ici, Cruyff est une légende: avant de devenir roi d'Amsterdam, le joueur avait été sacré prince de Betondorp.

« Quelle grande gueule il avait! Il n'arrêtait jamais de parler et avait une opinion sur tout, tout le temps »[SPAN…

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