L'encadrement des loyers et ses paradoxes

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Apparemment, l’application du dispositif semble convenir à trois Français sur quatre, si l’on en croit une étude dévoilée aujourd’hui. En réalité, cela n’est pas si évident. Certains signes vont à contre-courant.

Un franc succès. Quasiment consensuel. L’entrée en vigueur cet été à Paris de l’encadrement des loyers, est plébiscitée par trois Français sur quatre et réjouit les associations de défense des consommateurs qui réclament son extension, prévue par la loi Alur, à l’ensemble des zones tendues. Un décret instaurant l’encadrement des loyers à la relocation à compter du 1er août dans la capitale, où ils ont grimpé de 42% en dix ans, est paru au Journal officiel (J.O.) vendredi. Ils ne pourront plus dépasser un montant maximum par m2.

Selon un sondage OpinionWay pour le réseau immobilier Orpi publié vendredi, 75% des Français y voient un «bon dispositif pour protéger les locataires» et 76% estiment que «le gouvernement a raison de mettre un peu d’ordre dans le marché de l’immobilier». «Les Français voient d’un bon oeil cet encadrement des loyers, en particulier les jeunes qui souffrent de la crise de l’emploi et de la crise du logement», a expliqué à l’AFP Fabrice Abraham, directeur général du réseau immobilier Guy Hoquet. Du côté des associations de défense des consommateurs, l’heure est également à la satisfaction. Tout le monde semble avoir le même avis. Et pourtant...

Quand on fouille un peu ce sondage, on trouve tout de même certains contrastes! L’exemple le plus significatif? Le fait que les sondés soient 75% à estimer que l’encadrement des loyers constitue un très bon dispositif pour protéger les locataires... tout en étant 70%, dans le même temps, a dire qu’il faut arrêter de décourager les propriétaires de louer! Difficile de croire que l’un va avec l’autre... «Il faut aussi noter que plus de la moitié des sondés pensent que le plafond minimum prévu par la loi va faire augmenter les petits loyers. N’oublions pas qu’ils existent aussi!», explique au Figaro Bernard Cadeau, président d’Orpi, qui est très hostile au dispositif.

Même son de cloche du côté du groupe Foncia leader de l’administration de biens, qui prévoit d’ores et déjà un marché «figé», qui in fine va nuire aux personnes en recherche d’un logement et ne régulera pas les loyers. «N’oublions pas non plus que les sondés sont tout de même quasiment 40% à penser que la relation propriétaire-locataire doit rester libre et directe», insiste Bernard Cadeau, en concluant «cette étude, finalement, montre que les Français sont d’accord sur un message: le marché de la location ne doit pas être une jungle!» Notons d’ailleurs, pour finir, que le marché s’est auto-régulé en 2014 et que les loyers ont baissé naturellement.

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