L'emploi s'améliore aux USA, la réaction de la Fed attendue

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NOUVELLE AMÉLIORATION DE L'EMPLOI NON-AGRICOLE AUX ÉTATS-UNIS
NOUVELLE AMÉLIORATION DE L'EMPLOI NON-AGRICOLE AUX ÉTATS-UNIS

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - L'embellie perceptible sur le marché de l'emploi américain s'est encore confirmée au mois de juin, le secteur non-agricole ayant créé nettement plus d'emplois que prévu ce qui devrait inciter la Réserve fédérale à commencer à réduire le montant de ses rachats d'actifs.

Selon les chiffres publiés vendredi par le département du Travail, ce sont 195.000 postes qui ont été créés en juin alors que les économistes anticipaient 165.000 créations. Les chiffres d'avril et mai ont quant à eux été révisés à la hausse, avec un total de 70.000 créations supplémentaires par rapport aux estimations précédentes.

Sur les trois derniers mois, le nombre moyen mensuel de créations d'emplois a atteint 196.233, un niveau proche des 200.000 que la Fed souhaiterait voir chaque mois, de l'avis des économistes.

Un autre signe encourageant est la hausse du salaire horaire moyen, de 0,4% ou 10 cents, un rythme sans précédent depuis novembre.

Ces améliorations s'inscrivent dans la ligne des statistiques livrées en début de semaine par le cabinet ADP qui laissaient entrevoir cette hausse.

"Ce sont de très bons chiffres tout particulièrement avec la révision à la hausse des deux derniers mois qui porte le nombre moyen de créations à un niveau proche des 190.000", a souligné Kathy Jones, stratège chez Charles Schwab à New York.

"On s'approche des 200.000 (créations) par mois que recherche la Fed, c'est le signe qu'il y a un progrès."

Ces annonces interviennent deux semaines après les déclarations du président de la Fed Ben Bernanke qui a prévenu que le rythme des rachats d'actifs allait commencer à diminuer à l'automne.

Sur 60 économistes interrogés en juin par Reuters, 38 disaient anticiper une première diminution du montant du programme d'assouplissement quantitatif en septembre.

LE TAUX DE CHÔMAGE RESTE STABLE

Actuellement fixé à 85 milliards de dollars par mois, ce montant devrait, selon les économistes interrogés par Reuters, être raboté de 20 milliards de dollars.

Quoique rassurants pour la santé de l'économie, ces chiffres ont reçu un accueil mitigé de certains investisseurs qui ne sont pas pressés de voir la Fed amorcer un retour progressif à une politique monétaire moins souple.

Après une ouverture en hausse, les marchés d'actions américains ont progressivement effacé leurs gains, tandis que les Bourses européennes s'inscrivaient en forte baisse au lendemain du vif rebond provoqué par la teneur des propos de président de la BCE Mario Draghi lors de la conférence de presse suivant le statu quo monétaire de la banque centrale.

"Une fois de plus, on voit tout le paradoxe actuel des marchés. Lorsqu'une donnée macroéconomique est très bonne aux Etats-Unis, personne ne sait sur les marchés s'il doit s'en réjouir parce que c'est bon pour l'économie et donc pour les actions ou s'en inquiéter parce que ça accroît la perspective d'une fin rapide du QE de la Fed et un relèvement des taux longs", a ainsi commenté auprès de Reuters un stratège action basé à Paris.

Les statistiques publiées par le département du Travail ont montré un taux de chômage stable à 7,6%, un niveau plus élevé que les 7,5% prédits par le consensus.

Ce chiffre est surveillé de très prêt par la Réserve fédérale qui a lié la fin des rachats d'actifs à son retour à 6,5%, sous réserve que l'inflation n'excède pas 2,5%.

Le maintien du taux de chômage à 7,6% en dépit de la hausse des créations d'emplois s'explique par une troisième hausse mensuelle consécutive de la population active après avoir touché en mars un plus bas de 34 ans.

Lucia Mutikani, Nicolas Delame pour le service français avec la contribution d'Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • 22441350 le vendredi 5 juil 2013 à 15:44

    Des créations d'emploi en hausse incitent des personnes retirées du marché du travail à y revenir (femmes au foyer étudiants, semi retraités etc.. ), le phénomène inverse étant lui aussi constaté ; tout particulièrement aux USA . La contradiction apparente en première lecture peut s'expliquer . La seule statistique réellement valable est celle du pourcentage de la population potentiellement active bénéficiant d'un travail, calculée en équivalent temps plein.

  • marshaka le vendredi 5 juil 2013 à 15:05

    Encore bravo pour ses stats, je résume des créations supérieures aux attentes, les 2 mois précédents révisés à la hausse et le taux de chômage attendu à la baisse est stable, on nous prend vraiment pour des jambons

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