L'emploi dans l'agroalimentaire menacé par la guerre des prix

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MENACES ACCRUES SUR L'EMPLOI DANS L'AGROALIMENTAIRE EN FRANCE
MENACES ACCRUES SUR L'EMPLOI DANS L'AGROALIMENTAIRE EN FRANCE

PARIS (Reuters) - L'industrie agroalimentaire française a perdu près de 5.000 emplois en 2013 et autant pourraient être détruits en 2014 si la guerre des prix entre les industriels et les distributeurs devait se poursuivre, a alerté jeudi Jean-Philippe Girard, le nouveau président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).

Il a aussi souligné les menaces que fait peser la volatilité des matières premières sur les coûts de production et donc la trésorerie des 13.500 entreprises, dont 96% de PME, que fédère l'Ania.

L'agroalimentaire, premier secteur industriel en France, a employé l'an dernier 492.727 salariés soit 4.824 de moins qu'en 2012. Le nombre de défaillance des entreprises du secteur a atteint le nombre record de 316 contre 297 un an plus tôt.

"Les pertes d'emploi s'accélèrent depuis ces trois dernières années. Nous avons déjà recensé près de 1.000 emplois sous tension au premier trimestre 2014. Si la guerre des prix continue, il y aura de nouveaux plans de réorganisation de nos entreprises. Il faut en sortir", a déclaré Jean-Philippe Girard au cours d'une conférence de presse.

A 160,5 milliards d'euros, le chiffre d'affaires de l'agroalimentaire, premier secteur industriel en France, a ralenti sa progression en 2013 à 0,6% en valeur l'an dernier, contre 2,3% en 2012.

Dans le même temps, sa production a diminué de 2,2% en 2013, un niveau qu'elle n'avait pas connu depuis 2009 même s'il reste meilleur que celui de l'industrie manufucturière française.

A l'international, les performances de l'agroalimentaire sont également mitigées car si le solde extérieur de ses échanges est positif de 8,5 milliards d'euros, il a accusé l'an dernier un recul de 7% du fait de la stabilisation des exportations (+1,4%) et de la hausse des importations.

L'Ania donne peu de perspectives chiffrées pour 2014 évoquant simplement une hausse possible de 5 à 7% des investissements à condition "que la croissance reprenne et que les menaces de nouvelles taxes s'estompent".

"On sent un frémissement. Une timide reprise. C'est fragile", ajoute le président de l'Ania.

La fédération, qui doit rencontrer mardi prochain le président François Hollande, dit attendre de son pacte de responsabilité "des conditions favorables à la croissance de nos entreprises et à la réalisation du plein potentiel de l'industrie alimentaire".

(Noëlle Mennella, édité par Matthieu Protard)

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  • lubek le jeudi 10 avr 2014 à 15:30

    Le maintien d'une production alimentaire autonome est vital et doit être envisagé sous l'angle de la sécurité alimentaire. Toute mise en danger présente donc un caractère agressif.