L'emploi américain plus dynamique qu'attendu en décembre

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    * 292.000 postes créés en décembre 
    * Chiffres d'octobre-novembre revus en hausse, de 50.000 au 
total 
    * La stagnation du salaire horaire moyen pourrait ne pas 
durer 
    * L'hypothèse d'une hausse de taux en mars renforcée 
 
 (Actualisé avec précisions, commentaire et réactions de marché) 
    par Lucia Mutikani 
    WASHINGTON, 8 janvier (Reuters) - Le marché du travail 
américain a été plus dynamique qu'attendu en décembre et les 
créations de postes des deux mois précédents ont été revues à la 
hausse, montrent les statistiques officielles publiées vendredi, 
signe que le ralentissement récent du secteur manufacturier 
pourrait n'être que temporaire. 
    Le département du Travail a fait état de 292.000 postes 
créés le mois dernier dans le secteur non-agricole, alors que 
les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un 
chiffre de 200.000.  
    Les chiffres révisés d'octobre et novembre montrent en outre 
50.000 créations de postes de plus qu'annoncé auparavant, ce qui 
renforce le ton globalement positif du rapport mensuel sur 
l'emploi. 
    Le taux de chômage est resté stable à 5%, son plus bas 
niveau depuis sept ans et demi, malgré une hausse du nombre 
d'entrées sur le marché du travail, qui est en soi un signe de 
confiance dans l'économie.  
    Seul bémol du rapport: le salaire horaire moyen a stagné en 
décembre alors que le consensus Reuters le donnait en hausse de 
0,2%, ce qui pourrait s'expliquer par des effets de calendrier 
susceptibles d'être compensés par les statistiques de janvier.  
    Ces chiffres pourraient apaiser au moins en partie les 
craintes sur la santé de l'économie américaine et suggèrent que 
les signes de faiblesse observés récemment sont limités au 
secteur manufacturier et aux entreprises exportatrices, 
pénalisés par la vigueur du dollar et l'atonie de la demande 
mondiale. 
    "C'est un signe de plus montrant que la situation économique 
intérieure continue de s'améliorer", résume Kate Warne, 
responsable de la stratégie d'investissement d'Edward Jones. 
"Cela ne change pas la donne en termes d'accélération de la 
croissance économique mais cela compense certains autres 
indicateurs qui ont suggéré récemment que l'économie pourrait 
être en train de ralentir." 
    En effet, après des statistiques en baisse sur l'activité 
manufacturière, les dépenses de construction et les 
exportations, des économistes ont réduit leurs prévisions de 
croissance pour le quatrième trimestre, pour certains d'un point 
entier à 0,4% en rythme annualisé, après 2% au troisième 
trimestre.   
    Au total en 2015, l'économie américaine a créé 2,65 millions 
d'emplois, après 3,1 millions en 2014. 
     
    UN RÉPIT BIENVENU POUR LES MARCHÉS  
    Les chiffres de vendredi ont été bien accueillis par les 
marchés actions, auxquels ils offrent un répit bienvenu après 
les turbulences des derniers jours liées à la Chine. Wall Street 
a débuté en hausse et le dollar a gagné du terrain.  
    Si la bonne tenue du marché du travail plaide pour une 
poursuite de la remontée des taux d'intérêt de la Réserve 
fédérale, certains économistes jugent que les difficultés 
récentes des marchés financiers et les craintes liées à la 
faiblesse de l'inflation aux Etats-Unis pourraient conduire la 
banque centrale à rester l'arme au pied un peu plus longtemps 
qu'attendu.  
    Après celle du 26 décembre, la première depuis près de dix 
ans, une hausse de taux à l'issue de la réunion de politique 
monétaire des 26 et 27 janvier était déjà jugée improbable avant 
vendredi.  
    La suite dépendra en partie de l'évolution des salaires au 
cours des prochains mois: en rythme annuel, ils ont augmenté de 
2,5% le mois dernier, après +2,3% en novembre, mais cette 
accélération s'explique en partie par la faiblesse inhabituelle 
des salaires en décembre 2014. 
    La croissance des rémunérations devrait toutefois 
s'accélérer en milieu d'année, lorsque le marché du travail aura 
atteint le plein emploi.  
    Autre facteur à surveiller: le taux de participation de la 
population active, c'est-à-dire la part des Américains en âge de 
travailler qui occupent ou recherchent un emploi.  
    Ce taux a certes augmenté d'un dixième de point à 62,6% en 
décembre mais il reste au plus bas depuis près de 40 ans, ce qui 
pourrait pénaliser à terme la croissance de l'emploi si 
l'évolution des salaires ne favorise pas les retours sur le 
marché du travail.  
    Dans le détail, les créations de postes de décembre ont 
concerné pour l'essentiel les entreprises de services alors que 
le secteur minier a supprimé 8.000 emplois -- et 129.000 au 
total en 2015 -- avec la chute des cours du pétrole. 
    Le secteur manufacturier a créé 8.000 postes le mois dernier 
et la construction 45.000, grâce à un climat inhabituellement 
doux.  
    Tableau de la statistique   
    Les indicateurs américains en temps réel  ECONUS   
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick 
Vignal) 
 
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