L'empereur Akihito s'adresse aux Japonais ce lundi

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    par Stanley White et Elaine Lies 
    TOKYO, 7 août (Reuters) - L'empereur Akihito s'adressera ce 
lundi à la nation japonaise alors plusieurs médias rapportent 
qu'à 82 ans, et confronté ces dernières années à des problèmes 
de santé, le monarque souhaite abdiquer de ses fonctions dans un 
proche avenir. 
    Son allocution vidéo sera retransmise à 15h00 locales (06h00 
GMT) la télévision, a précisé vendredi l'Agence de la famille 
impériale. 
    Les Japonais comprennent la volonté de leur empereur de se 
retirer. Son abdication, qui n'est pas prévue par la loi, serait 
une première dans l'histoire moderne japonaise. L'empereur 
Kokaku est le dernier à avoir renoncé au trône, en 1817.  
    Le mois dernier, la chaîne de télévision publique NHK a 
indiqué que l'empereur avait fait part à l'Agence de la famille 
impériale de sa volonté d'abdiquer dans "les prochaines années". 
L'agence de presse Kyodo a elle aussi relayé des informations 
similaires, précisant que l'empereur avait informé son entourage 
qu'il voulait quitter le trône du Chrysanthème dans un an 
environ. 
    Né en 1933, intronisé à la mort de son père, Hirohito, en 
1989, Akihito a connu plusieurs problèmes de santé. Il a été 
opéré du coeur et soigné d'un cancer de la prostate. Il a réduit 
récemment ses apparitions officielles, laissant sa place à son 
fils, le prince-héritier Naruhito, âgé de 56 ans. 
    Depuis le début de son règne, Akihito, auquel la 
Constitution interdit tout rôle politique, s'est exprimé à 
plusieurs reprises sur le passé militariste du Japon et a tenté 
de refermer les plaies ouvertes par la Deuxième Guerre mondiale, 
favorisant une réconciliation avec les pays asiatiques ayant 
souffert de l'occupation nipponne. 
    En 1992, il a effectué une visite historique en Chine. Et le 
15 août de l'année dernière, soixante-dix ans jour pour jour 
après que son père Hirohito annonça à ses sujets la capitulation 
du Japon, il s'était écarté du texte de son discours pour faire 
part de ses "profond remords" au sujet de la Deuxième Guerre 
mondiale et former l'espoir que les "ravages de la guerre" ne se 
renouvelleraient jamais".   
    Alors que Hirohito est une figure controversée dans 
l'Histoire, Akihito, rappelle Koichi Nakano, professeur de 
science politique à l'université Sophia de Tokyo, est "le 
premier empereur à avoir embrassé la constitution pacifiste du 
pays et son rôle de symbole de l'unité nationale". 
    "Il se préoccupe beaucoup des questions liées à la guerre et 
de la réconciliation (avec les pays asiatiques). Et Naruhito a 
clairement dit qu'il poursuivrait sur cette voie", ajoute 
Nakano. 
    Son éventuelle abdication pourrait néanmoins ouvrir un autre 
débat, portant sur les règles de succession. 
    Naruhito n'a qu'une fille, or, les règles prévoient que 
seuls des héritiers mâles peuvent monter sur le trône. En 
l'état, en cas d'intronisation de Naruhito, c'est son frère, le 
prince Akishino, qui deviendrait prince-héritier, puis le fils 
de ce dernier, Hisahito, âgé de neuf ans. 
    Mais après des siècles de succession préservant une lignée 
mâle - plus de 2.000 ans, disent les partisans d'un statu quo -, 
une partie de l'opinion japonaise qui pousse pour davantage 
d'égalité entre les hommes et les femmes estiment qu'il est 
temps d'accepter qu'une fille puisse monter sur le trône du 
Chrysanthème. 
 
 (Stanley White et Elaine Lies; Laura Martin et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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