L'émissaire international Lakhdar Brahimi à Damas

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BEYROUTH (Reuters) - Le médiateur international Lakhdar Brahimi est arrivé vendredi à Damas pour tenter de négocier un cessez-le-feu de quelques jours dans le conflit entre les troupes de Bachar al Assad et les rebelles syriens.

Le diplomate algérien effectue actuellement une tournée au Proche-Orient pour tenter de convaincre partisans et adversaires d'Assad de soutenir l'arrêt des combats durant trois ou quatre jours correspondant à la période des fêtes de l'Aïd al Adha, la semaine prochaine.

Lakhdar Brahimi doit rencontrer samedi matin le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, a dit un porte-parole de l'Onu à Damas. Il n'a pas précisé si l'émissaire s'entretiendrait avec Bachar al Assad.

"Nous allons discuter du cessez-le-feu et de la situation en Syrie dans son ensemble. Il est important de faire baisser la violence", a déclaré Lakhdar Brahimi à la presse après son arrivée.

"Nous allons discuter avec le gouvernement, les partis politiques et la société civile de la question syrienne", a-t-il poursuivi.

A l'issue d'un entretien jeudi à Amman avec le chef de la diplomatie jordanienne, le médiateur a déclaré à la presse qu'une trêve permettrait de rétablir la confiance et faciliterait la recherche d'une solution politique au conflit qui a fait plus de 30.000 morts en dix-neuf mois.

Un précédent cessez-le-feu en avril n'avait tenu que quelques jours, chaque camp s'accusant de l'avoir violé. Quelques mois plus tard, devant son impuissance, le médiateur international Koffi Annan présentait sa démission.

La nouvelle proposition de trêve, accueillie avec prudence par le gouvernement syrien, est soutenue par la Turquie, très critique envers Assad, et par l'Iran, proche allié de Damas.

TROIS OU QUATRE JOURS DE TRÊVE ?

Vendredi, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a appelé toutes les parties prenantes au conflit à observer trois ou quatre jours de trêve.

"Il est important que le régime syrien, qui bombarde son propre peuple à l'aide d'avions de chasse et d'hélicoptères, cesse ces attaques immédiatement et sans conditions", a déclaré Ahmet Davutoglu à Ankara.

Le politologue libanais Hilal Khachan voit dans le soutien à la trêve affiché par Ankara et Téhéran une manière pour ces deux pays de "montrer qu'ils font quelque chose".

"Je ne pense pas que cela marchera. Aucune partie ne fait confiance à l'autre et l'opposition redoute que le régime ne se serve du cessez-le-feu pour renforcer ses positions à Alep et Idlib", a-t-il dit à Reuters.

Lakhdar Brahimi a affirmé mercredi avoir obtenu l'assurance des rebelles qu'ils cesseraient le feu si les hommes d'Assad acceptaient d'en faire autant.

Un groupe rebelle baptisé "commandement conjoint pour les conseils militaires et révolutionnaires de Syrie" s'est dit prêt à respecter une trêve à condition que le gouvernement syrien relâche les détenus, en particulier les femmes, et lève le siège de la ville de Homs, dans le centre du pays.

Il réclame également un arrêt des frappes aériennes et un accès libre aux organisations humanitaires.

Jeudi, 240 personnes ont été tuées dans les combats en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition basée à Londres.

Selon des militants, des avions ont bombardé des immeubles d'habitation et une mosquée à Maarat al Numan dans la province d'Idlib, dans le nord du pays.

Les rebelles ont repris le contrôle de la ville la semaine passée et les troupes gouvernementales tentent de la récupérer afin de rétablir une liaison vers Alep.

Oliver Holmes; Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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