L'embargo russe pourrait coûter 5 mds/an-document

le
0

(Actualisé avec réunion à Paris) BRUXELLES, 3 septembre (Reuters) - L'interdiction faite par la Russie d'importer sur son sol des produits alimentaires en provenance de l'Union européenne, dans le cadre de la riposte de Moscou aux sanctions imposées par l'UE en raison du conflit d'Ukraine, pourrait coûter cinq milliards d'euros par an aux pays de l'UE, selon un document présenté à la Commission européenne. "L'ensemble des restrictions temporaires appliquées actuellement par la Russie remettent en cause pour cinq milliards d'euros d'échanges", lit-on dans ce document, présenté mercredi aux commissaires européens à Bruxelles et consulté par Reuters. Les ministres de l'Agriculture des Vingt-Huit doivent se retrouver vendredi à Bruxelles pour discuter de leur réponse à l'embargo russe, annoncé en août. Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, qui a reçu mercredi les représentants des filières agricoles concernées en prévision de cette réunion, a souhaité des mesures de marché pour éviter une chute des prix. "Cet embargo, c'est du sérieux, il faut qu'on ait des mesures de marché pour éviter une chute des prix qui remettrait en cause la viabilité des filières", a-t-il dit à la presse. "Il faut qu'on soit réactifs, ce n'est pas la peine d'attendre que la crise soit là", a-t-il ajouté. "Au niveau européen, par rapport à ce qui a déjà été fait, on a la possibilité d'aller plus loin." L'Europe a débloqué 125 millions d'euros d'aides pour aider son secteur maraîcher. Mais elle peut utiliser l'ensemble des réserves d'urgence prévues par la Politique agricole commune (PAC) pour compenser l'impact d'une perturbation exceptionnelle des marchés, soit environ 420 millions d'euros. Prié de dire si l'on pouvait attendre des aides françaises, Stéphane Le Foll a répondu : "Aujourd'hui, on est dans une situation européenne." Xavier Belin, le président de la FNSEA, a rappelé que l'embargo russe s'ajoutait aux difficultés des trois filières concernées, (lait, fruits et légumes, viande). "Ce n'est sans doute pas au seul budget de la PAC de prendre en compte les compensations. C'est sans doute aux Etats membres et au budget communautaire dans sa globalité", a-t-il dit. (Robin Emmott, avec Sybille de la Hamaide à Paris, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant