L'embargo de Moscou inquiète les agriculteurs français

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PARIS, 7 août (Reuters) - L'embargo imposé par la Russie sur une série de produits agroalimentaires en provenance de l'UE pourrait entraîner une situation de crise sur le marché européen, déjà saturé par une production abondante, notamment de fruits, a estimé jeudi le président de la FNSEA, le principal syndicat agricole français. Les sanctions russes, qui font suite à l'adoption de sanctions économiques occidentales contre Moscou, accusé d'alimenter l'instabilité dans l'est de l'Ukraine, entrent en vigueur ce jeudi pour une durée d'un an. L'embargo vise essentiellement les fruits et les légumes, ainsi que les viandes, en provenance des pays européens, comme la France, de Pologne et les Etats-Baltes, a souligné Xavier Beulin, le numéro un de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles sur i>TELE. "C'est un système à double détente (...) On sait que des pays comme la France, la Pologne, les pays baltes sont exportateurs sur la Russie, et de fait ces productions qui ne vont plus aller sur la Russie vont sans doute se rabattre sur le marché européen et on craint une situation de crise", dit-il. "La Russie est exportatrice de céréales essentiellement mais elle est fortement importatrice sur les produits transformés, viande lait, produits laitiers et fruits et légumes". Le marché européen est déjà saturé par une production abondante de fruits et légumes, suscitant régulièrement l'inquiétude des producteurs français qui dénoncent le "dumping social" pratiqué selon eux par l'Espagne. UN MILLIARD D'EUROS DE PRODUITS FRANÇAIS Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé la semaine dernière un renforcement des contrôles sur les chargements de fruits espagnols et a promis que les infractions seraient sanctionnées. Deux éléments permettent toutefois de rester optimiste face à l'embargo russe, estime le président de la FNSEA. "La Russie est membre de l'OMC, l'organisation mondiale du commerce, et elle s'exposerait à des sanctions si elle empêchait un certain nombre de produits de pénétrer son marché", souligne Xavier Beulin. "Deuxième chose, l'hiver est très long en Russie et je n'imagine pas que, demain, Vladimir Poutine tente une manoeuvre qui viserait à priver son propre peuple, qui pourrait se retourner contre lui si malheureusement les rayons étaient vides de certains produits, en particulier le rayon viande". Avec un peu plus d'un milliard d'euros de produits agroalimentaires expédiés vers la Russie en 2013, la France est le dixième fournisseur de la Russie, derrière l'Allemagne, la Pologne mais devant l'Italie et l'Espagne. Au total, les exportations agroalimentaires européennes vers la Russie ont représenté un volume de 10,2 milliards d'euros l'an dernier. La Commission européenne a annoncé jeudi qu'elle se réservait le droit de prendre des mesures appropriées après l'annonce de l'embargo russe. (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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