L'Elysée salue sur Alstom un dossier mené de façon professionnelle

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L'ÉLYSÉE SE FÉLICITE SUR LA GESTION DU DOSSIER ALSTOM
L'ÉLYSÉE SE FÉLICITE SUR LA GESTION DU DOSSIER ALSTOM

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - L'Elysée s'est félicité vendredi de la façon "très professionnelle" dont l'Etat a mené les négociations relatives au rachat de la branche énergie d'Alstom, saluant le caractère "collectif et complémentaire" du travail gouvernemental.

Au bout de deux mois de débats menés sous la houlette de François Hollande, l'Etat a accepté, sous conditions strictes, un rachat partiel de la branche énergie d'Alstom par l'américain General Electric, au détriment d'une offre rivale de l'allemand Siemens et du japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI).

"Nous avons travaillé de manière collective et complémentaire entre le président, le Premier ministre et le ministre de l'Economie", soulignait vendredi soir un proche du chef de l'Etat, saluant la "fluidité dans la méthode".

"L'Etat a été très professionnel", ajoutait-il. "Ça a été dur, mais ça a été une très bonne négociation".

En visite au Creusot (Saône-et-Loire), le Premier ministre a évoqué "une victoire collective pour la France" et salué "l'engagement d'Arnaud Montebourg", présent à toutes les réunions, de même que sa consoeur de l'Ecologie, Ségolène Royal.

"En termes de méthode, c'est l'anti-Florange, c'est une décision partagée par chacun", a estimé le Premier ministre.

La présidence a elle aussi salué la caractère "symbolique" de ce qu'elle considère comme un succès industriel, deux ans après le sauvetage manqué du site sidérurgique de Florange, objet fin 2012 d'un profond désaccord entre l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg.

"Il en va de l'image de la France au niveau international. La France sait négocier de manière intelligente et ouverte avec de grands groupes", souligne l'Elysée. "Nous savons, dans un monde ouvert, faire valoir nos intérêts en matière de souveraineté, à l'instar d'autres pays".

Mis il y a deux mois devant le fait accompli du rachat par GE de la branche énergie d'Alstom, la présidence estime avoir fait le nécessaire pour "améliorer les offres, passer d'une opération d'achat à une opération d'alliance".

UN SIGNAL FORT AUX SALARIÉS

"Les offres se valaient au final, elles étaient d'égale qualité mais en réalité les négociations d'Alstom étaient beaucoup plus avancées avec General Electric", disait-on pour expliquer le choix final de l'offre américaine.

Aux yeux de la présidence, l'entrée de l'Etat au capital d'Alstom à hauteur de 20% permet de "prendre le relais financier et stratégique du groupe Bouygues, dont on n'était pas sûr, notamment sur le nucléaire, qu'il puisse durablement faire face à des évolutions capitalistiques".

"Etre présent comme premier actionnaire de référence d'Alstom est un signe de souveraineté et envoie un signal fort aux salariés d'Alstom", juge-t-on aussi à l'Elysée.

L'Etat estime avoir les moyens de racheter 20% du capital d'Alstom sans avoir besoin de céder d'autres participations.

"Entre l'Agence des participations de l'Etat, qui a déjà fait un travail remarquable et, si nécessaire, la Banque publique d'investissement (BPI), qui a donné un avis favorable, nous sommes suffisamment équipés pour pouvoir réaliser cette opération", estime l'Elysée.

Une source proche du dossier juge possible de faire aboutir d'ici à la fin du weekend les délicates négociations lancées avec Bouygues pour ce rachat. "Les négociations de prix, c'est toujours comme ça", temporise-t-elle.

Le décret controversé régissant les investissements étrangers en France, pris en mai à l'initiative d'Arnaud Montebourg, "a joué un grand rôle", souligne par ailleurs l'Elysée. "Il sert et servira d'arme de dissuasion".

Au plus bas dans les sondages, François Hollande espère profiter de cet épisode pour redorer son image de dirigeant capable de mener à bien un dossier industriel aussi crucial que complexe.

"Il s'exprimera le moment venu", dit son entourage.

Une intervention présidentielle est envisagée le 14 juillet.

(Edité par Matthias Blamont et Jean-Michel Bélot)

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  • M3866838 le samedi 21 juin 2014 à 12:02

    Professionnel Bouffon a tout juste oublié de négocier comment il va prendre 20% du capital d'Alstom. Par décret sans doute.

  • boudet le samedi 21 juin 2014 à 11:11

    AUTOSATISFACTION. On verra ce qu'il en sera dans quelques années, mais ils ne seront plus là !!

  • M2784728 le samedi 21 juin 2014 à 10:47

    Sans blaaague ? Deux mois perdus pour l'entreprise Alstom, des sous perdus pour tous ses petits actionnaires (qui en ont déjà perdu beaucoup), une combine Etat/Bouygue qui sera opaque pour les autres actionnaires......vive l'intervention étatique !!