L'Elysée a voulu éviter un feuilleton politique avec Cahuzac

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L'ÉLYSÉE A VOULU ÉVITER UN FEUILLETON POLITIQUE AVEC LE DÉPART RAPIDE DE JÉRÔME CAHUZAC
L'ÉLYSÉE A VOULU ÉVITER UN FEUILLETON POLITIQUE AVEC LE DÉPART RAPIDE DE JÉRÔME CAHUZAC

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - C'est en moins de trois heures mardi que François Hollande a pris la décision d'accepter la démission de Jérôme Cahuzac, un choix dicté par la volonté d'éviter que l'instruction judiciaire visant le ministre délégué au Budget ne devienne "un feuilleton politique", indique-t-on à l'Elysée.

Le parquet de Paris a annoncé à 16h l'ouverture d'une information judiciaire contre X sur un éventuel compte bancaire que le ministre aurait détenu illégalement en Suisse.

Trois heures après le communiqué du parquet, les services de la présidence annonçaient que Jérôme Cahuzac serait remplacé par le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve.

"Nous avions en tête qu'en toute hypothèse, s'il y avait une information judiciaire, la question (de sa démission) se poserait", admet-on dans l'entourage du président où l'on insiste sur la présomption d'innocence dont bénéficie l'ancien ministre.

"On entrait dans un cycle où le feuilleton judiciaire risquait de devenir un feuilleton politique", explique-t-on.

L'entourage du président relativise la motion de censure de l'opposition qui sera débattue à l'Assemblée mercredi, estimant qu'elle ne constitue pas "un événement politique majeur" tout en reconnaissant que la volonté était d'éviter tout risque.

"Il valait mieux que ça se passe comme ça, vite," dit-on encore en précisant que l'hypothèse d'un remaniement plus large n'a pas été évoquée et que le départ de Jérôme Cahuzac ne devrait en outre pas perturber le travail gouvernemental.

"Il n'y aura pas de cassure", souligne-t-on, jugeant que Bernard Cazeneuve, bien au fait des négociations européennes, pourra présenter sans problème les engagements de la France en matière de finances publiques à la Commission européenne.

L'argument éthique a aussi été pris en compte par le chef de l'Etat, explique-t-on dans son entourage.

"EXEMPLARITÉ"

"On ne peut pas avoir prôné l'exemplarité dans l'opposition et ne pas (se) l'appliquer à nous-mêmes", relève un conseiller.

François Hollande, qui prévoyait de s'exprimer dans les prochains jours à la télévision, n'a pas l'intention d'accélérer sa prise de parole après la démission de son ministre délégué, souligne-t-on à l'Elysée.

Les équipes du président, qui planchent toujours sur une intervention la semaine prochaine, "avant Pâques", n'ont pas encore choisi le format ou la chaîne sur laquelle il interviendra, même si le message politique est, lui, déjà bien réfléchi.

"Le but c'est de rappeler le cap et la cohérence de la politique engagée depuis le début", indique-t-on dans son entourage.

Avec une cote de popularité au plus bas à 30% de bonnes opinions et confronté à de sombres perspectives économiques, le chef de l'Etat a entamé la semaine dernière à Dijon une opération de reconquête de l'opinion.

François Hollande soutient que sa promesse d'inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013 peut être tenue si une "mobilisation générale" intervient autour de ses réformes comme les emplois d'avenir, le contrat de génération, le crédit d'impôt pour la compétitivité ou la refonte du marché du travail.

"On a besoin d'un vrai coup d'accélérateur sur le terrain", estime l'entourage de François Hollande qui a annoncé la semaine dernière vouloir lutter contre les blocages administratifs en recourant si nécessaire aux ordonnances qui permettent de s'affranchir du parcours législatif classique.

Edité par Marc Joanny

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