L'électroménager défend sa fiabilité

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Les fabricants affirment que la durée de vie des réfrigérateurs et des machines à laver n'a que peu baissé en trente ans. Les associations de consommateurs pointent la fréquence des pannes et la difficulté de réparation.

Face aux critiques d'associations de consommateurs et de plusieurs documentaires qui ont évoqué une baisse de la qualité des appareils électroménagers, les fabricants s'attaquent à ce qu'ils considèrent comme une «une idée reçue». D'après eux, la fiabilité de leurs machines n'a presque pas évolué au cours des trente dernières années.

Le Groupement interprofessionnels des fabricants d'électroménagers (Gifam) s'appuie sur un sondage commandé à l'institut TNS-Sofrès* dans les foyers français. Les résultats montrent que la durée d'utilisation des réfrigérateurs, des congélateurs, des lave-vaisselles et des lave-linges appareils dépasse toujours dix ans. Un réfrigérateur serait, par exemple, utilisé en moyenne pendant 10 ans et 7 mois aujourd'hui avant d'être remplacé, contre 11 ans et 5 mois en 1977. Lorsque le remplacement est décidé en raison d'une panne irréparable, la durée de vie atteint onze ans en moyenne.

Toujours d'après ce sondage, cette durée de vie n'est pas très éloignée des attentes des Français. Si 25% des sondés attendent qu'un réfrigérateur dure toute une vie, les autres espèrent une durée de vie de 13 ans et quatre mois en moyenne. «Nos appareils continuent d'être robustes, fiables et durables alors que la fréquence d'utilisation augmente», se félicite Jean-Jacques Blanc, président du Gifam. Le nombre d'ouvertures de portes d'un réfrigérateur ou de lancement d'un cycle de lavage aurait en effet fortement augmenté depuis dix ans, affirme-t-il.

Silence sur le taux de panne

La fiabilité ne se résume pas à la durée de vie totale, rappellent toutefois les associations de consommateurs. Au-delà de la durée de vie totale, elles mettent surtout en avant le fort taux de panne pendant la durée d'utilisation des appareils. Sur ce sujet, les fabricants se montrent bien plus réticents à communiquer. Environ 6 millions de réparations sont menées tous les ans, sur un parc 177 millions d'appareils de gros électroménager, soit un taux de panne de 4%, indique le Gifam. Mais les chiffres plus précis, par modèle, relèvent «du secret industriel chez certaines marques», concède Jean-Jacques Blanc.

D'après le magazine 60 millions de consommateurs, qui publiera en septembre une enquête sur la fiabilité de sept gammes d'appareils, le taux de panne dans l'électroménager dépasserait systématiquement 8% et atteindrait parfois les 20% pour certains produits. Or, avec l'emploi plus fréquent du plastique à la place du métal, le collage des pièces et le recours à l'électronique, les machines deviennent plus difficiles à réparer, souligne de son côté l'UFC-Que Choisir. Si bien qu'un remplacement peut désormais apparaître moins coûteux qu'une réparation.

Pour les industriels, l'hypothèse d'une «obsolescence programmée» des matériels relèverait néanmoins du mythe. Cette idée, développée notamment dans un documentaire diffusé sur Arte en février, veut que les fabricants raccourcissent sciemment les cycles de vie de leurs machines, achetées moins chères mais plus compliquées à réparer, pour encourager un renouvellement plus fréquent. «Nos appareils ne sont pas équipés de systèmes d'autodestruction», évacue Jean-Jacques Blanc. «Mais on travaille pour réduire ce taux de panne et mieux l'expliquer», reconnaît-t-il.

* Étude menée en 1977 par la Sofres sur la durabilité de certains appareils de gros électroménager. Étude 2010-2011 menée par TNS-Sofres selon les questions auprès de 10.000 foyers par un questionnaire auto-administré, de 1720 adultes responsables d'un foyer (en face à face) et d'un groupe de 243 autres adultes (par téléphone).

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