L'élection présidentielle avancée à 2014 en Centrafrique

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L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN RCA AVANCÉE À 2014
L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN RCA AVANCÉE À 2014

par Bate Felix

BANGUI (Reuters) - L'élection présidentielle en Centrafrique, prévue à l'origine en 2015, aura lieu l'an prochain, a annoncé jeudi le Premier ministre, Nicolas Tiangaye.

La France, qui a déployé 1.600 hommes en Centrafrique pour tenter de mettre fin aux affrontements entre musulmans et chrétiens, avait souhaité que le processus de transition soit accéléré après le coup d'Etat de mars dernier.

"L'autorité électorale nationale a été mise en place et ses membres prêteront serment avant la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine", a déclaré le chef du gouvernement après un entretien à Bangui avec l'ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, Samantha Powers.

"Ils seront chargés de la préparation et de l'organisation de l'élection, qui aura lieu en 2014", a-t-il ajouté.

Selon le groupe de défense des droits de l'homme Amnesty International, les miliciens musulmans de la Séléka ont tué un millier de personnes à Bangui en seulement deux jours au début du mois, en représailles à une attaque menée par des chrétiens le 5 décembre. Les corps de 60 musulmans ont également été retrouvés après ces affrontements, précise Amnesty.

Lundi dernier, Paris a menacé de sanctions le président de transition Michel Djotodia, qui avait limogé la veille trois ministres dont celui de la Sécurité, Josué Binoua, accusé d'avoir caché des armes à son domicile.

Cette initiative présidentielle ne respecte pas les termes d'un accord ayant conduit à la formation d'un gouvernement de transition après la prise du pouvoir par les rebelles de la Séléka, qui ont renversé en mars le président François Bozizé.

Après le renversement de François Bozizé, Michel Djotodia a progressivement perdu le contrôle des combattants de la Séléka, essentiellement musulmans. Leurs exactions ont conduit à l'émergence de milices chrétiennes baptisées anti-balaka, "anti-machettes" en langue sango.

PRÈS DE 700.000 PERSONNES DÉPLACÉES

Des affrontements ont éclaté entre les deux camps début décembre, faisant selon l'Onu un demi-millier de morts et 189.000 déplacés rien qu'à Bangui, la capitale. L'Onu a recensé plus de 680.000 déplacés à travers le pays, soit près d'un septième de la population.

Le calme est plus ou moins revenu à Bangui, a constaté jeudi un journaliste de Reuters.

Une fusillade d'une vingtaine de minutes a cependant éclaté dans la soirée dans un quartier du nord de la capitale. Des soldats tchadiens de la force de maintien de la paix africaine ont été pris pour cible par des miliciens anti-balaka, a dit un porte-parole, qui a fait état de six blessés graves.

Le commandement de la force de maintien de la paix a été transféré jeudi de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) à l'Union africaine. Selon des sources officielles, ses effectifs devraient être portés d'ici fin janvier à 6.000 hommes - contre 3.000 actuellement -, qui s'ajouteront aux 1.600 soldats français.

Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne et le Royaume-Uni, "réfléchissent" par ailleurs à envoyer des renforts militaires en Centrafrique, a déclaré mercredi le ministre français aux Affaires européennes, Thierry Repentin.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a annoncé mardi à l'Assemblée nationale que des "troupes au sol" européennes prêteraient bientôt main forte à l'armée française, sans préciser les pays concernés.

On citait la Belgique et la Pologne de sources européennes, Thierry Repentin a ajouté mercredi l'Allemagne et le Royaume-Uni à la liste.

Les règles au sein de l'UE sont que les pays qui mènent des opérations militaires les financent par eux-mêmes, et de ce fait les coûts ne peuvent être partagés que pour des missions très spécifiques et limitées.

Pascal Liétout et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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