L'EI prépare des attaques en France, dit le patron de la DGSI

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    * La France, "pays le plus menacé" 
    * De nouveaux modes d'action possibles 
    * Le scénario d'"engins explosifs" dans des foules 
 
    PARIS, 19 mai (Reuters) - Le groupe Etat islamique prépare 
de nouvelles attaques contre la France et pourrait passer à 
l'acte "le plus rapidement possible" en échafaudant de nouveaux 
modes opératoires pour frapper des foules, selon le directeur 
général de la sécurité intérieure. 
    Patrick Calvar a déclaré le 10 mai dernier devant des 
députés que la France demeurait "clairement le pays le plus 
menacé", six mois après les attentats sanglants du 13 novembre, 
revendiqués par l'organisation djihadiste. 
    "Nous savons que Daech (acronyme arabe de l'EI, NDLR) 
planifie de nouvelles attaques (...) et que la France est 
clairement visée", a-t-il affirmé lors d'une audition devant la 
Commission de Défense de l'Assemblée nationale, dont le contenu 
a été rendu public mercredi. 
    "Si les attentats de novembre dernier ont été perpétrés par 
des kamikazes et par des gens armés de kalachnikov ayant pour 
but de faire le maximum de victimes, nous risquons d'être 
confrontés à une nouvelle forme d'attaques", a-t-il ajouté. 
    Le patron de la DGSI a évoqué le scénario d'une "campagne 
terroriste caractérisée par le dépôt d'engins explosifs dans des 
lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d'actions 
étant multiplié pour créer un climat de panique". 
    Il n'a en revanche pas cité de cibles potentielles, pas même 
l'Euro de football organisé en France du 10 juin au 10 juillet, 
durant lequel 2,5 millions de personnes sont attendues dans les 
stades et sept à huit millions dans des "fans zones" installées 
au coeur des dix villes hôtes de la compétition. 
    Selon lui, "Daech se trouve dans une situation qui l'amènera 
à essayer de frapper le plus rapidement et le plus fort 
possible: l'organisation rencontre des difficultés militaires 
sur le terrain et va donc vouloir diversion". 
    Le groupe al Qaïda, soucieux de "redorer son blason", et ses 
différentes antennes régionales - Aqmi dans le Nord de l'Afrique 
et Aqpa au Yemen - représente également une menace importante, 
aux yeux de la DGSI. 
     
    "AFFRONTEMENTS INTERCOMMUNAUTAIRES" 
    D'après Patrick Calvar, le danger peut provenir des 645 
Français ou résidents en France actuellement présents en Syrie 
et en Irak, mais aussi des francophones qui peuvent "très 
facilement" venir en France et, à plus long terme, des enfants 
de djihadistes, "entraînés" et "instrumentalisés". 
    Ces déclarations font écho à celles de l'exécutif français, 
lequel répète régulièrement que la menace n'a jamais été aussi 
élevée qu'aujourd'hui. 
    "Oui, nous sommes une cible et sans doute la cible numéro un 
 de l'Etat islamique", a redit le Premier ministre, Manuel 
Valls, jeudi sur RTL. 
    Toutefois, la réponse ne doit pas se limiter au seul volet 
sécuritaire, selon Patrick Calvar.             
    "Il faut tâcher de comprendre à qui nous avons affaire. Nous 
constatons chez la plupart de ceux que nous arrêtons un profond 
mal-être", a insisté le directeur général de la sécurité 
intérieure devant les députés.     
    Puis: "Pour être franc avec vous : je crains cent fois plus 
la radicalisation que le terrorisme. Avec le terrorisme, nous 
prendrons des coups mais nous saurons faire face (...) mais 
cette radicalisation rampante qui va bouleverser les équilibres 
profonds de la société est à mes yeux beaucoup plus grave." 
    Et, d'après Patrick Calvar, ces phénomènes risquent de 
provoquer des réactions en chaîne, y compris des "affrontements 
intercommunautaires". 
    "L'ultra-droite (...) n'attend que la confrontation (...) Eh 
bien, cette confrontation, je pense qu'elle va avoir lieu. 
Encore un ou deux attentats et elle adviendra", a-t-il dit.  
    La France a été la cible de plusieurs attaques en 2015 - 
notamment contre le Stade de France, des bars et des restaurants 
de la capitale en novembre et contre Charlie Hebdo et un 
commerce de produits cashers en janvier. 
 
 (Simon Carraud, avec Sophie Louet et Catherine Lagrange à Lyon, 
édité par Yves Clarisse) 
 
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