L'EI détruit des vestiges de la cité antique de Nimroud en Irak

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(actualisé avec précisions) par Saif Hameed et Dominic Evans BAGDAD, 6 mars (Reuters) - Des djihadistes de l'Etat islamique ont pillé et détruit au bulldozer les vestiges de la cité assyrienne de Nimroud, située dans le nord de l'Irak, a-t-on appris de sources gouvernementales et tribales. Cette destruction survient une semaine après la diffusion de la vidéo du saccage de statues et monuments exposés dans le musée de Mossoul, et datant elles aussi de l'ère assyrienne. (voir ID:nL5N0W1372 ) "Des membres de l'Etat islamique sont venus sur le site archéologique de Nimroud et ils y ont pillé les objets de valeur avant de raser le site", a dit à Reuters une source tribale habitant près de Mossoul. "Il y a avait des statues et des murs ainsi qu'un château que l'Etat islamique a intégralement détruit." Le ministère irakien du Tourisme et des Antiquités a confirmé l'information et accusé "les terroristes de Daech de continuer à défier le monde et l'humanité". "Ils ont attaqué l'antique cité de Nimroud, l'ont rasée et se sont approprié des objets archéologiques vieux de treize siècles avant Jésus-Christ", dit le communiqué du ministère publié jeudi. Nimroud, sur les rives du Tigre, se trouve à une trentaine de kilomètres au sud de Mossoul, la deuxième plus grande ville d'Irak dont les combattants de l'Etat islamique se sont emparé en juin dernier. Erigée aux alentours de l'an 1250 avant notre ère, la cité est devenue quatre siècles plus tard la capitale de l'empire néo-assyrien, qui était alors l'Etat le plus puissant du monde connu et couvrait un territoire englobant les actuels Turquie, Egypte et Iran. La plupart des vestiges les plus célèbres du site, fouillé depuis le XIXe siècle par les archéologues, ont été transférés à l'étranger, dont les Taureaux ailés aux proportions colossales qui se trouvent au British Museum de Londres. Des centaines de pierres précieuses et de pièces en or ont été transportées elles à Bagdad. TRAFIC D'ANTIQUITÉS Pour les archéologues, les destructions du patrimoine historique et culturel de l'Irak entreprises par l'Etat islamique sont comparables à la destruction en Afghanistan des Bouddhas de Bamiyan par les taliban en 2001. Les intégristes de l'Etat islamique, qui ont proclamé un califat sur les territoires de l'Irak et de la Syrie sous leur contrôle, observent une interprétation rigoriste de l'islam sunnite et rejettent les mausolées et sanctuaires religieux, l'idolâtrie et les autres formes de religion, à commencer par la branche chiite de l'islam. En juillet déjà, l'organisation djihadiste a détruit le tombe du prophète Jonas (ou Yunus) à Mossoul. Des lieux de culte chiites ont été saccagés et les membres de la communauté chrétienne de la ville ont été contraints de se convertir, forcés de payer une taxe sous peine d'être passés par les armes. L'Etat islamique a également persécuté et massacré dans la région de Sindjar, à l'ouest de Mossoul, les membres de la communauté yazidie, une religion multimillénaire qu'ils considèrent comme un culte satanique. Mais les pillages suivent aussi une autre logique, financière celle-là. Dans une résolution adoptée le 12 février, le Conseil de sécurité des Nations unies a souligné que le pillage et le trafic de contrebande d'objets d'antiquités en Syrie et en Irak servaient au financement des groupes djihadistes. A la suite du saccage du musée de Mossoul, le gouvernement central irakien a déclaré que les islamistes n'avaient pas détruit toutes les sculptures et statues, et qu'ils s'apprêtaient à en écouler une partie sur le marché noir des antiquités pour s'assurer de nouvelles rentrées financières. "Ces ventes sont déjà amorcées", précisait alors le Premier ministre, Haïdar al Abadi. (voir ID:nL5N0W20DJ ) (Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)

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