L'EI attribue à des "partisans" la tuerie de San Bernardino

le , mis à jour à 20:18
0
 (Actualisé, Obama, New York Times, Trump, Hollande derniers 
paras) 
    par Yasmeen Abutaleb et Rory Carroll 
    SAN BERNARDINO, Californie/BEYROUTH, 5 décembre (Reuters) - 
L e groupe djihadiste Etat islamique (EI) a attribué samedi à 
deux de ses "partisans" la responsabilité de la tuerie de San 
Bernardino, qui a fait 14 morts mercredi en Californie.  
    Le massacre a été perpétré par un couple marié, Syed Farook 
et Tashfeen Malik, cette dernière ayant peut-être prêté 
allégeance à l'EI sur une page Facebook ouverte sous un nom 
d'emprunt, a déclaré le FBI, ce qui a conduit la police fédérale 
à requalifier la fusillade en "acte de terrorisme". Les deux 
tireurs ont été tués par la police.  ID:nL8N13T36B  
    "Deux partisans de l'Etat islamique ont attaqué il y a 
plusieurs jours un centre à San Bernardino en Californie, 
ouvrant le feu à l'intérieur, ce qui a entraîné la mort de 14 
personnes et fait plus de 20 blessés", a déclaré l'organisation 
djihadiste dans son bulletin radiophonique quotidien Al Bayan, 
mentionnant des informations parues dans toute la presse. 
    Une agence de presse liée à l'EI, Aamaq, a affirmé dès 
vendredi soir que l'attaque de San Bernardino avait été menée 
par des partisans du groupe djihadiste mais cette revendication 
est intervenue après que la prestation d'allégeance de Tashfeen 
Malik a été publiquement évoquée.  
    De sources gouvernementales américaines, on souligne que 
rien ne permet de dire que l'attaque a été dirigée par le groupe 
djihadiste, ni même que l'organisation était au courant des 
projets du couple meurtrier. 
    Le serment d'allégeance attribué à Tashfeen Malik n'est pas 
non plus tenu pour certain par les enquêteurs fédéraux, qui 
n'excluent pas qu'un tiers ait pu l'envoyer à sa place. Il a été 
retiré par Facebook jeudi car il violait les règles du réseau 
social concernant la promotion d'"actes de terreur". 
     
    UNE RADICALISATION PEUT-ÊTRE INSPIRÉE DE L'ÉTRANGER 
    Le FBI juge en revanche que la quantité d'armes et munitions 
retrouvées sur les tireurs ou à leur domicile (deux fusils 
d'assaut, deux pistolets semi-automatiques, 6.100 cartouches et 
douze bombes artisanales) ainsi que le fait qu'ils aient tenté 
d'effacer leurs empreintes digitales fait pencher l'enquête du 
côté d'un acte terroriste.  
    David Bowdich, directeur adjoint du FBI à Los Angeles, a 
ajouté que les enquêteurs espéraient trouver des éléments de 
nature à expliquer l'attaque commise par le couple Farook-Malik 
grâce à l'examen de deux téléphones portables et d'autres 
appareils électroniques saisis dans le cadre de l'enquête.  
    S'adressant vendredi à la presse à Washington, le directeur 
du FBI James Comey a déclaré que l'enquête pointait vers la 
"radicalisation des tueurs peut-être inspirés par des 
organisations terroristes étrangères".  
    Mais, a-t-il ajouté, rien n'indique que les tueurs aient 
appartenu "à un groupe organisé plus important ou faisaient 
partie d'une cellule". "Aucun élément ne laisse penser qu'ils 
faisaient partie d'un réseau", a déclaré le patron du FBI. 
    Le Los Angeles Times a de son côté rapporté vendredi les 
propos d'un représentant fédéral des forces de l'ordre selon qui 
Syed Farook a été en contact avec au moins deux organisations 
étrangères, dont le Front al Nosra, émanation d'Al Qaïda en 
Syrie.  
    Ce responsable évoque "une forme" de contacts entre Syed 
Farook et des membres d'Al Nosra et des Chabaab somaliens, 
ajoute le LA Times, en soulignant qu'un certain flou demeure sur 
la nature de ces contacts et les personnes concernées. 
    Dans son allocution radiophonique hebdomadaire, Barack Obama 
a lancé un appel à l'unité des Américains. "Nous sommes forts. 
Nous sommes résistants. Et nous ne laisserons pas terroriser", a 
déclaré le président américain.  ID:nL8N13U0B2  
     
    DÉBAT SUR LES ARMES 
    Cette fusillade, a ajouté le président américain, "nous 
rappelle une nouvelle fois de manière tragique qu'ici, aux 
Etats-Unis, il est trop facile pour des gens dangereux d'avoir 
une arme à feu dans les mains". 
    Le New York Times a publié samedi un éditorial en première 
page, le premier depuis 1920, pour réclamer l'interdiction des 
armes utilisées lors de la tuerie de San Bernardino. 
    "Certains types d'armes, comme les fusils d'assaut 
légèrement modifiés utilisés en Californie, et certains types de 
munitions, devraient être interdits à la vente pour les civils", 
estime le New York Times dans son éditorial titré "The Gun 
Epidemic" (L'épidémie des armes à feu).  ID:nL8N13U04O  
    Cet appel a notamment été rejeté par Donald Trump, candidat 
à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 
l'an prochain.  
    "Les gens dans ce pays et dans le monde ont besoin d'être 
protégés", a-t-il dit aux journalistes lors d'une visite dans 
l'Iowa. "Regardez ce qui s'est passé à Paris. Ils n'avaient pas 
d'armes et ils ont été massacrés. Regardez ce qui s'est passé en 
Californie, ils n'avaient pas d'armes et ils ont été massacrés", 
a-t-il ajouté.  
    Le président de la Liberty University de Lynchburg, un 
établissement privé chrétien de Virginie, Jerry Falwell Jr., a 
incité les 14.500 étudiants du campus à porter une arme sur eux, 
cachée, pour assurer si nécessaire leur protection, rapporte un 
journal local, The News & Advance. 
    Le président français François Hollande s'est entretenu 
samedi après-midi avec son homologue américain "pour lui 
témoigner la solidarité et l'émotion de la France après la 
fusillade de San Bernardino", a annoncé l'Elysée. 
    "Les deux présidents ont réaffirmé les conclusions de leurs 
échanges intervenus à Washington et à Paris ces derniers jours: 
face à une menace commune, la France et les Etats-Unis feront 
front commun avec leurs alliés en unissant leurs efforts et 
leurs moyens", ajoute la présidence française. 
 
 (Avec Omar Fahmy, John Davison et Alex Dobuzinskis; 
Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant