L'EI annonce la mort de son porte-parole Al Adnani près d'Alep

le , mis à jour à 23:16
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    * Adnani était responsable des attentats de l'EI à 
l'étranger 
    * Les circonstances de sa mort sont floues, une frappe US 
évoquée 
    * Il avait multiplié les menaces visant la France et les USA 
    * En juin, le tueur de Magnanville avait dit avoir suivi son 
appel 
 
 (Actualisé avec Pentagone, précisions) 
    par Angus McDowall  et Yara Bayoumy 
    BEYROUTH/WASHINGTON, 30 août (Reuters) - Le groupe Etat 
islamique (EI) a annoncé mardi que son porte-parole et 
responsable des attentats à l'étranger, Abou Mohamed al Adnani, 
qui avait appelé en 2014 à tuer des Français par tous les 
moyens, a été tué dans la région d'Alep. 
    L'agence de presse de l'EI, Amaq, indique dans un communiqué 
distribué aux sympathisants de l'organisation djihadiste que son 
dirigeant a trouvé la mort "en supervisant les opérations 
destinées à repousser les campagnes militaires contre Alep". 
    L'EI contrôle encore des territoires dans l'est et le nord 
de la province d'Alep, où il affronte les rebelles soutenus par 
les Etats-Unis et par la Turquie, mais pas dans la ville 
elle-même, où les rebelles livrent une lutte acharnée aux forces 
gouvernementales syriennes et à leurs alliés. 
    Amaq ne précise pas quand Abou Mohamed al Adnani a été tué. 
L'éloge funèbre de l'EI à son porte-parole est daté du 29 août 
mais il ne dévoile pas la date de sa mort. 
    Selon un commandant rebelle, il a probablement été tué dans 
un raid aérien visant la ville d'Al Bab, le dernier bastion de 
l'EI au nord d'Alep, où il était, selon des informations non 
confirmées, venu soutenir le moral vacillant de ses troupes 
après plusieurs défaites au cours des semaines écoulées. 
    Un responsable du Pentagone a déclaré à Reuters qu'un raid 
aérien américain avait pris pour cible mardi à Al Bab un "haut 
dirigeant de l'EI", mais il a ajouté que le résultat du raid 
n'avait pas encore été établi et que Washington ne dévoilerait 
pas pour le moment l'identité du dirigeant visé.     
    Hicham al Hachimi, un expert en questions de sécurité qui 
conseille le gouvernement irakien, croit savoir pour sa part 
qu'Abou Mohamed al Adnani avait été blessé le 17 août par un 
bombardement aérien de la coalition américaine près d'Al Rai, au 
nord d'Alep. Il aurait succombé à ses blessures lundi. 
    Le groupe djihadiste a récemment subi plusieurs défaites 
dans la région d'Alep, notamment à Manbij face aux Forces 
démocratiques syriennes (FDS), composées de combattants kurdes 
et arabes soutenus par les Etats-Unis, et plus récemment à 
Djarablous face aux rebelles appuyés par la Turquie. 
     
    CITÉ PAR LE TUEUR DE MAGNANVILLE 
    Né en 1977 dans la province d'Idlib, dans le nord-ouest de 
la Syrie, sous le nom de Taha Soubhi Falaha, Abou Mohamed al 
Adnani était depuis deux ans le principal propagandiste de l'EI 
et son visage le plus familier sur les réseaux sociaux utilisés 
par mes djihadistes. 
    C'est à ce titre qu'en septembre 2014, il avait lancé un 
appel au meurtre d'"infidèles" français, américains ou de pays 
alliés par tous les moyens. 
    "Si vous ne pouvez pas trouver d'engins explosifs ou de 
munitions, isolez l'Américain infidèle, le Français infidèle ou 
n'importe lequel de ses alliés", avait-il dit dans un message 
enregistré. "Ecrasez-lui la tête à coups de pierre, tuez-le avec 
un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le 
vide, étouffez-le ou empoisonnez-le." 
    Cet appel d'Abou Mohamed Al Adnani, réitéré en mai dernier 
avant le début du mois de ramadan, avait été cité par Larossi 
Abballa, le sympathisant de l'EI qui a assassiné le 13 juin un 
couple de policiers français à leur domicile de Magnanville, 
dans les Yvelines.   
    Après l'attentat de Nice le 14 juillet, le ministre français 
de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a aussi évoqué l'influence du 
"message de Daech" (NDLR: l'acronyme de l'EI) sur des individus 
comme Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le Tunisien qui a foncé dans la 
foule avec un camion.   
    Avant de prêter allégeance à l'EI, Abou Mohamed al Adnani 
avait combattu sous la bannière d'Al Qaïda en Irak, où il avait 
été fait prisonnier par les Américains dans les années 2000, 
selon la Brookings Institution. 
    En janvier dernier, les autorités irakiennes avaient déclaré 
qu'il avait été blessé par une frappe aérienne dans la province 
d'Anbar, à l'ouest de Bagdad, et qu'il avait par la suite trouvé 
refuge à Mossoul, la capitale du "califat" de l'EI dans le nord 
de l'Irak.     
 
 (Avec Stephen Kalin à Erbil, Maher Chmaytelli à Bagdad, 
Suleiman al-Khalidi à Amman, Phil Stewart, Warren Strobel et 
John Walcott à Washington; Tangi Salaün pour le service 
français) 
 
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