L'Egypte propose un cessez-le-feu dans la bande de Gaza

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OFFRE DE CESSEZ-LE-FEU ÉGYPTIENNE DANS LA BANDE DE GAZA
OFFRE DE CESSEZ-LE-FEU ÉGYPTIENNE DANS LA BANDE DE GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - L'Egypte a proposé l'instauration ce mardi d'un cessez-le-feu entre Israël et les mouvements armés de la bande de Gaza ainsi que l'ouverture de discussions au Caire, une semaine après le début des hostilités.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit réunir dans la journée son "cabinet de sécurité" pour étudier cette proposition, selon un membre de son administration. Ce dernier s'est montré optimiste, soulignant que le Hamas avait été affaibli par les bombardements de Tsahal.

"Aucune proposition ne nous a été présentée (...) Rien ne nous oblige donc à faire quoi que ce soit", a quant à lui déclaré Sami Abou Zhouhri, porte-parole du mouvement islamiste, ajoutant que les conditions fixées pour la cessation des hostilités n'étaient toujours pas réunies.

Les bombardements israéliens ont fait au moins 180 morts et 1.400 blessés depuis mardi dernier, selon les autorités gazaouies.

La proposition égyptienne, qui prendrait effet mardi à 06h00 GMT, appelle à un cessez-le-feu dans les 12 heures suivantes, suivi par l'ouverture dans les 48 heures de négociations séparées au Caire en vue de la mise en oeuvre de "mesures de restauration de la confiance".

Elle a reçu le soutien de la Ligue arabe, qui se félicite d'une initiative "destinée à sauver la vie d'innocents". Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, qui a conclu fin avril un accord de réconciliation avec le Hamas, a lui aussi plaidé pour sa mise en oeuvre, rapporte l'agence de presse Wafa.

Selon sa consoeur égyptienne Mena, le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu au Caire ce mardi.

En préalable à un cessez-le-feu, le Hamas exige la levée du blocus de la bande de Gaza et un nouvel engagement de l'Etat hébreu au respect des termes de la trêve qui mis fin en 2012 à l'opération "Pilier de défense".

Il réclame en outre l'allègement des restrictions égyptiennes à la circulation via le point de passage de Rafah entrées en vigueur après l'éviction, le 3 juillet, du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans.

"Les points de passage doivent être ouverts et les mouvements des biens et des personnes doivent y être facilités quand la situation sur le terrain sera stabilisée", écrivent les auteurs de l'offre égyptienne, sans parler précisément du terminal de Rafah.

UN DRONE ABATTU PAR TSAHAL

Enfin, le Hamas réclame la libération de ses partisans arrêtés en Cisjordanie après la disparition, le 12 juin, des trois jeunes israéliens dont les corps ont été retrouvés quelques jours plus tard. Le texte égyptien ne parle pas non plus de cette exigence. Parmi activistes arrêtés après leur mort, qui est à l'origine de la reprise des hostilités, figurent 50 membres du Hamas libérés en 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers.

Quelques heures avant l'annonce de l'offre égyptienne, les activistes de la bande de Gaza avaient repris leurs tirs de roquettes en direction de Tel Aviv après une accalmie de 24 heures, tandis qu'Israël poursuivait son pilonnage aérien et naval de l'enclave, malgré la multiplication des appels à la trêve.

Dans la soirée, le domicile de Marouane Issa, l'un des chefs de la branche armée du Hamas, a été bombardé dans le camp de réfugiés de Boureidj. On ignore s'il y a des victimes.

L'armée israélienne avait auparavant annoncé avoir abattu un drone venant de la bande de Gaza, au septième jour de son offensive. C'est la première fois qu'on signale l'utilisation d'un tel engin dans l'enclave.

Les débris du drone, qui a été intercepté par un missile Patriot, sont tombés près d'Ashdod, ville portuaire israélienne située à 25 km de la bande de Gaza, a dit l'armée qui s'employait à déterminer s'il emportait des explosifs.

Selon l'armée israélienne, 115 roquettes ont visé le territoire israélien. L'un d'elle a blessé un garçon dans la ville d'Ashdod, où une maison a été endommagée. Deux filles de 11 et 13 ans ont également été blessées, près de Beersheba.

Tsahal n'a toutefois pas mis à exécution sa menace d'intensifier ses raids contre les sites de lancement de roquettes qui seraient selon elle dissimulés dans des quartiers d'habitation de Beït Lahiya. L'armée avait appelé les 70.000 habitants de cette localité du nord de la bande de Gaza à quitter les lieux dans l'optique de ces raids.

(Avec Maayan Lubell et Dan Williams à Jérusalem, Michael Georgy au Caire et Amena Bakr à Doha; Jean-Philippe Lefief, Eric Faye, Simon Carraud et Danielle Rouquié pour le service français)

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