L'Egypte pilonne des positions de l'Etat islamique en Libye

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* Le pape exprime sa profonde peine après la mort des 21 coptes * D'autres raids aériens annoncés pour mardi, dit un commandant libyen * Thinni réclame l'engagement de la communauté internationale (actualisé tout du long) par Omar Fahmy et Yara Bayoumy LE CAIRE, 16 février (Reuters) - L'armée de l'air égyptienne a bombardé tôt dans la matinée de lundi des positions du groupe Etat islamique en Libye, au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant la décapitation de 21 Egyptiens de confession copte. Cette opération aérienne, menée aux premières heures du jour, a été réalisée conjointement avec les forces aériennes du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale. L'opération a visé des camps, des sites d'entraînement et des arsenaux de l'EI situés à proximité de la frontière égypto-libyenne. Les avions libyens ont aussi participé à l'attaque lundi contre Derna, petite ville côtière de l'Est libyen qui sert de base aux djihadistes de l'Etat islamique. "Il y a des victimes, des stocks de munitions et les centres de communication (de l'Etat islamique) ont été visés", a déclaré le commandant de l'armée de l'air du gouvernement officiel libyen, Saker al Djorouchi, à la télévision nationale égyptienne, ajoutant que 40 à 50 islamistes avaient été tués. "D'autres raids aériens seront lancés aujourd'hui et demain, en coordination avec l'Egypte", a ajouté Djorouchi, fidèle au gouvernement libyen internationalement reconnu, qui s'est installé à Tobrouk dans l'est du pays, après avoir perdu le contrôle de la capitale Tripoli. Le Premier ministre Abdoullah al Thinni, qui dirige ce gouvernement libyen, a demandé à l'Occident de lancer des opérations aériennes contre les islamistes qui, selon lui, contrôlent Tripoli et en ont chassé son gouvernement. "Nous avons absolument confirmé l'information qu'Al Qaïda et l'Etat islamique sont dans Tripoli ainsi que près de Ben Djaouad", a-t-il dit, en faisant allusion à une ville du centre du pays contrôlée par une faction favorable au gouvernement de Tripoli. "Je demande à la communauté internationale de se tenir aux côtés de la Libye et de lancer des frappes militaires contre ces groupes. La menace risque de se propager aux pays européens, et notamment à l'Italie", a-t-il dit. L'Italie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni, a d'ores et déjà dit voici quelques jours qu'elle serait prête à participer à une force des Nations unies pour lutter contre une "menace terroriste active" en Libye après les récentes avancées de la mouvance de l'Etat islamique. TRISTESSE DU PAPE FRANÇOIS Le parlement libyen rival, qui siège à Tripoli et que soutiennent certains groupes islamistes, a condamné l'opération aérienne de lundi, parlant d'une attaque contre la souveraineté nationale. Au Vatican, le pape François a fait part lundi de sa profonde peine après la décapitation des 21 coptes. "Les seuls mots qui me viennent : 'Jésus, aide-moi'! Ils ont été tués simplement parce qu'ils étaient chrétiens", a dit François. "Le sang de nos frères et soeurs chrétiens est un témoignage qui doit être entendu. Qu'ils soient catholiques, orthodoxes, coptes ou protestants ne fait aucune différence. Ce sont des chrétiens", a-t-il dit. C'est la première fois que l'Egypte confirme avoir mené des frappes aériennes contre le groupe islamiste, ce qui laisse entendre que le président égyptien Abdel Fattah al Sissi est prêt à une confrontation avec les djihadistes de l'EI basés en Libye. L'Egypte s'est jusque là tenue à l'écart de la coalition emmenée par les Etats-Unis qui mène régulièrement des attaques contre des positions de l'EI en Irak et en Syrie, préférant concentrer ses efforts sur ses propres frontières menacées par des insurgés islamistes. Lundi, l'Egypte a demandé à la coalition de se tourner vers la Libye pour y combattre également l'Etat islamique. "L'Egypte renouvelle son appel en direction de la coalition formée contre l'organisation terroriste Daech afin qu'elle prenne les dispositions nécessaires pour combattre l'organisation Daech et les organisations terroristes similaires sur le territoire libyen", dit le ministre égyptien des Affaires étrangères, utilisant l'acronyme arabe désignant l'Etat islamique en Irak et au Levant. Les Emirats arabes unis, alliés du président Al Sissi, ont de leur côté annoncé qu'ils "mettraient toutes leurs capacités au service des efforts de l'Egypte pour éradiquer le terrorisme et la violence qui touche ses citoyens". Selon des responsables sécuritaires, des combattants basés en Libye ont noué des liens avec Province du Sinaï (ex-Ansar Baït al Makdis), un groupe qui a prêté allégeance à l'organisation djihadiste Etat islamique présente en Syrie et en Irak. Province du Sinaï a tué des centaines de soldats égyptiens depuis le renversement, en juillet 2013, du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée après de grandes manifestations. (Nicolas Delame et Eric Faye pour le service français)

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