L'Egypte continue d'étudier toutes les pistes sur l'A321 russe

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L'EGYPTE CONTINUE D'ÉTUDIER TOUTES LES PISTES SUR L'A321 RUSSE
L'EGYPTE CONTINUE D'ÉTUDIER TOUTES LES PISTES SUR L'A321 RUSSE

par Asma Alsharif et Omar Fahmy

LE CAIRE (Reuters) - Les enquêteurs égyptiens ont déclaré samedi qu'un bruit pouvait être entendu dans la dernière seconde de l'enregistrement des conversations à bord du cockpit de l'Airbus russe qui s'est écrasé dans le Sinaï il y a une semaine tout en estimant qu'il était trop tôt pour en tirer des conclusions.

Le président du comité d'enquête, Ayman al Moukaddam, a dit que son équipe continuait à rassembler des informations et à étudier toutes les pistes pour tenter d'expliquer la destruction de l'avion de ligne russe, alors que la thèse d'une bombe est évoquée par les services secrets américains et britanniques et que plusieurs pays ont suspendu leurs vols avec l'Egypte.

"Une analyse spectrale sera effectuée en laboratoire par des spécialistes afin d'identifier la nature de ce bruit", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Caire.

"Le comité examine avec la plus grande attention tous les scénarios possibles pour expliquer l'accident et n'est pas parvenu jusqu'ici à une quelconque conclusion", a-t-il ajouté.

Ayman al Moukaddam a déclaré que l'analyse des boîtes noires montrait que l'appareil s'était détruit 23 minutes après le décollage de Charm el Cheikh, alors que le pilotage automatique était enclenché, et que les débris avaient été éparpillés sur 13 km, "ce qui corrobore l'hypothèse d'une dislocation en vol".

"L'examen initial de l'épave ne permet pas d'identifier l'origine de cette dislocation en vol", a-t-il dit.

Interrogé sur les soupçons d'attentat émanant de sources occidentales, Ayman al Moukaddam a déclaré qu'aucun élément appuyant cette thèse n'avait été transmis à son équipe.

Dans la matinée, le chef de la diplomatie égyptienne Sameh Choukry avait reproché à des "pays étrangers", qu'il n'a pas nommés, de ne pas partager avec Le Caire les informations de leurs services de renseignement sur le crash dans le Sinaï.

De sources proches des services de sécurité égyptiens, on a indiqué que les autorités examinaient les vidéos de surveillance de l'aéroport de Charm el Cheikh à la recherche de toute activité suspecte au départ de l'A321. L'avion de la compagnie russe Metrojet devait rejoindre Saint-Pétersbourg.

La chaîne de télévision France 2, qui cite un enquêteur en Egypte, a déclaré vendredi que l'analyse des boîtes noires permet d'entendre distinctement le bruit d'une explosion qui ne serait pas accidentelle.

80.000 TOURISTES RUSSES EN ATTENTE

La branche égyptienne de l'organisation Etat islamique a revendiqué dès samedi dernier la responsabilité de la destruction de l'Airbus, qui a coûté la vie à l'ensemble des 224 passagers et membres d'équipage à bord.

Selon des sources proches du renseignement occidental, des agents américains et britanniques ont intercepté des conversations entre des militants islamistes, ainsi que des informations provenant d'au moins un gouvernement impliqué dans l'enquête sur la catastrophe.

S'ils parlent de "possibilité crédible", ils soulignent toutefois ne pas détenir de preuve catégorique qu'il s'agisse d'un attentat à la bombe.

Selon la chaîne de télévision NBC, citant des responsables américains non identifiés, des communications entre des dirigeants de l'Etat islamique (EI) à Rakka, en Syrie, et des personnes membres de la Province du Sinaï, le groupe djihadiste égyptien affilié à l'EI, contiennent des fanfaronnades au sujet d'avion russe abattu dans la région.

Plusieurs pays dont la Russie ont décidé de suspendre leurs vols avec l'Egypte en attendant que les circonstances du drame soient éclaircies, ce qu'a regretté l'Egypte dont l'économie est fortement dépendante du tourisme.

En conséquence, environ 80.000 touristes russes sont actuellement bloqués en Egypte, a dit samedi le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch en précisant que leur rapatriement serait organisé par les autorités égyptiennes.

Vendredi, les opérations de rapatriement de 20.000 touristes britanniques bloqués à Charm el Cheikh, station balnéaire sur la mer Rouge, se sont heurtées à des difficultés. Seuls huit vols sur les 29 programmés au départ ont été autorisés par l'Egypte, qui s'est justifiée en invoquant les capacités limitées de l'aéroport local.

Un responsable britannique à Charm el Cheikh a dit espérer que ses compatriotes seraient rapatriés dans les dix jours.

(Avec Ahmed Aboumleinen à Charm el Cheikh, Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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