L'Eglise doit s'ouvrir aux femmes, déclare le cardinal Sandri

le
0
LES FEMMES DOIVENT JOUER UN RÔLE PLUS IMPORTANT DANS L'ÉGLISE, SELON LE CARDINAL LEONARDO SANDRI
LES FEMMES DOIVENT JOUER UN RÔLE PLUS IMPORTANT DANS L'ÉGLISE, SELON LE CARDINAL LEONARDO SANDRI

par Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - L'Eglise catholique doit s'ouvrir davantage aux femmes et leur confier des responsabilités, juge le cardinal Leonardo Sandri, membre éminent de la Curie romaine appelé à jouer un rôle influent lors du conclave qui désignera le successeur de Benoît XVI.

Dans une interview à Reuters, Mgr Sandri, un Argentin de 69 ans, souligne que le prochain pape ne doit pas être choisi en fonction de considérations géographiques. Il faut un "saint homme", qui soit le plus qualifié pour diriger la barque de Pierre en ces temps de crise, ajoute-t-il.

Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales depuis 2007, Leonardo Sandri estime que le principal défi posé aujourd'hui à l'Eglise catholique est "la perte de la foi", qui fait que de nombreux baptisés "tournent le dos à Dieu".

Mgr Sandri, qui a une grande expérience diplomatique - il a notamment été nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) au Venezuela et au Mexique - et connaît parfaitement les rouages de l'administration vaticane, devrait jouer un rôle important dans le choix du prochain pontife.

"Le rôle des femmes s'est accru dans le monde et c'est une chose sur laquelle l'Eglise doit s'interroger", dit le cardinal argentin, interviewé dans son bureau du Vatican.

"Les femmes doivent jouer un rôle beaucoup plus important dans la vie de l'Eglise (...) afin qu'elles puissent y contribuer dans de nombreux secteurs aujourd'hui pratiquement réservés aux hommes (...) Ce sera un défi à relever."

LES QUALITÉS POUR ÊTRE PAPE

Actuellement, les femmes, pour la plupart des religieuses, ne peuvent pas dépasser les fonctions de sous-secrétaires dans les différentes administrations du Saint-Siège, c'est-à-dire en troisième position derrière le président et le secrétaire. Elles sont deux aujourd'hui à être sous-secrétaires, une religieuse et une laïque.

Pour Mgr Sandri, fils d'immigrants italiens installés en Argentine, les femmes peuvent "apporter une contribution importante, en raison de leurs aptitudes", à la gestion du Vatican.

"Mais elles doivent aussi participer pleinement, aux côtés des hommes, au dialogue et à l'analyse de la vie de l'Eglise, (...), et peut-être même à la formation des prêtres où elles peuvent jouer un rôle très, très important."

L'Eglise catholique exclut l'ordination des femmes, Jésus n'ayant choisi que des hommes pour être ses apôtres. Mgr Sandri n'a rien dit qui laisserait supposer que cette règle puisse changer.

Les cardinaux venus du monde entier se réuniront lundi matin à Rome pour préparer le conclave qui désignera le prochain pape et devrait s'ouvrir après le 10 mars.

Pour Mgr Sandri, le prochain pontife devra non seulement être "un saint homme" mais aussi être en bonne forme physique, avoir du charisme et des facilités de communication, être capable de tenir la barre de l'Eglise mais aussi de gérer l'administration complexe de l'Etat du Vatican.

"ON NE CHOISIT PAS UN PAPE SUR SON PASSEPORT"

"Le problème, c'est de trouver toutes ses qualités réunies en un seul homme. Parfois quelqu'un est très bien dans un domaine mais faible dans d'autres (...) Pour moi, de toute façon, le plus important c'est que ce soit un homme de foi qui n'ait pas peur", a-t-il expliqué.

"Je voudrais que le nouveau pape soit, avant tout, peut-être pas un saint - c'est difficile à demander - mais quelqu'un qui marche vers la sainteté par une vie d'humilité, de travail, de prière, de témoignage dans l'Evangile."

Selon certaines spéculations, le prochain chef de l'Eglise catholique pourrait ne pas être un Européen, peut-être un Africain ou un Asiatique.

Mais pour Mgr Sandri, il ne faut pas choisir un pape en raison de son passeport. "Je suis sceptique face à ces considérations géographiques. On ne doit pas élire quelqu'un simplement parce qu'il n'est pas un Européen..."

"Il faut choisir le meilleur, celui qui a toutes les qualités personnelles de santé, de vigueur, de préparation et d'expérience, sans prêter attention à l'origine géographique", souligne-t-il.

Le cardinal ghanéen Peter Turkson, 64 ans, qui préside le Conseil pontifical "Justice et Paix", est cité parmi les principaux "papabili".

"L'Eglise est prête à avoir un pape noir, mais peut-être le monde ne l'est-il pas", estime Mgr Sandri. "Ce qui doit toujours briller dans l'Eglise, c'est sa catholicité (son universalité), sans considération pour la race ou quoi que ce soit d'autre."

Guy Kerivel pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant