L'effet fiscal particulier du "mur budgétaire"

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L'EFFET FISCAL PARTICULIER DU "MUR BUDGÉTAIRE" POUR LES INVESTISSEURS
L'EFFET FISCAL PARTICULIER DU "MUR BUDGÉTAIRE" POUR LES INVESTISSEURS

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - Le risque de voir s'ériger un "mur budgétaire" l'an prochain aux Etats-Unis, dont l'une des briques serait un alourdissement de la fiscalité des plus-values financières, pourrait pousser les investisseurs à vendre sans discrimination à Wall Street d'ici le 31 décembre, que les actions aient baissé ou monté durant l'année.

Les investisseurs ont l'habitude de vendre même à perte pour des raisons fiscales en fin d'année (tax-loss selling), la moins-value ainsi réalisée venant compenser les plus-values dégagées par ailleurs et réduisant de ce fait la plus-value imposable nette.

Certains investisseurs attendent au contraire le début janvier pour vendre des titres à grosses plus-values (tax-gain selling), car ils repoussent ainsi d'un an l'imposition des plus-values en question. Mais si leur imposition doit être plus lourde l'année prochaine, il devient alors plus intéressant de vendre aussi d'ici la Saint-Sylvestre les actions qui ont fortement monté durant l'année.

Les dégagements à motifs fiscaux expliquent peut-être le fait qu'Apple recule fortement ces derniers temps, de 8,9% pour cette seule semaine par exemple, disent des analystes. Depuis le début du trimestre, l'action a perdu 20%. Mais elle conserve un gain de près de 32% depuis le début de l'année.

"Vendre à perte pour des motifs fiscaux a toujours été un élément à prendre en compte mais vendre à profit pour ces mêmes motifs joue également cette année", note Paul Mendelsohn (Windham Financial Services).

Sur les 20 actions de l'indice S&P-1500 ayant eu les meilleures performances cette année - cet indice regroupant toutes les capitalisations - toutes à l'exception de quatre ont perdu du terrain durant toutes les séances de la semaine.

PLUS DE VOLUME ET DE VOLATILITE

Tandis que le mouvement vendeur pour éviter une fiscalité plus lourde en 2013 risque de se développer, un autre phénomène prend de l'ampleur, celui des sociétés qui accélèrent le versement du dividende ou en versent un spécial pour précisément permettre aux actionnaires d'amortir une hausse des impôts l'an prochain. (liste des sociétés en question).

En dehors de cette question purement fiscale, le marché aura droit la semaine prochaine - mardi et mercredi - à la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale de l'année. Elle pourrait être un bon point pour le marché si la Fed annonçait de nouvelles mesures de soutien à l'économie

Les 146.000 créations d'emplois de novembre, rendues publiques vendredi dernier, ont cependant quelque peu apaisé ceux qui craignaient que l'ouragan Sandy ait sérieusement affecté le marché du travail.

"Après la réunion du Fomc, je pense qu'on va prendre le chemin de la descente, le mur budgétaire occupant toujours plus les esprits surtout si la perspective d'un accord devient de moins en moins précise", dit Mohannad Aama (Beam Capital Management).

"Je pense que les prises de bénéfice vont se multiplier avant que les taux d'imposition n'augmentent l'an prochain".

En tous les cas, volumes et volatilité sont susceptibles d'augmenter dans le même temps, de l'avis des analystes.

"La volatilité réelle d'Apple a été très élevée alors que le marché en lui-même est calme. Je pense que la volatilité d'Apple va se reporter sur celle de l'ensemble du marché", dit Enis Taner (RiskReversal.com).

Bruce Zaro (Delta Global Asset Management) croit pourtant au rally de fin d'année. "Même s'il n'y a pas grand chose de positif à mettre dans la balance concernant les négociations budgétaires, le marché fondamentalement s'y accroche et tient bon car il sent que quelque chose va se produire", dit-il.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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