L'édito du lundi : "Quelles perspectives sur les marchés actions de la zone euro?" (B. Jacquillat)

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Bertrand Jacquillat, PDG d'Associés en Finance, estime que la hausse des cours pourrait atteindre cette année entre 0 et 25%.

Dans deux éditos sur Boursorama en début d'année 2009 (février et mai), nous évoquions le potentiel de rebond que les marchés actions présentaient alors. Le 23 février 2009 par exemple, nous écrivions qu'une hausse était possible de plus de 35% de l'indice CAC 40, alors sous les 3 000 points. Nous mentionnions alors une perspective de retour de l'indice vers 4 000 points. Nous n'avions pas tort... L'indice CAC 40 a fini l'année 2009 à 3 936.3 points, soit un gain de +22.3% sur l'année et de +56.2% par rapport à son point bas en mars.

Après ce rebond des cours en 2009, que faut-il attendre du marché actions ?

Nos analyses se fondent sur le modèle Trival d'Associés en Finance : ce modèle d'actualisation des cash-flows prévisionnels détermine, à partir d'un échantillon de plus de 350 sociétés cotées de la zone euro, le taux de rentabilité espéré d'un placement actions, et, en comparant ce dernier avec le taux actuariel des obligations (taux du Bund à 10 ans), permet de mesurer la différence de rentabilité attendue entre actions et obligations (écart actions / obligations).

Cet indicateur a fait ses preuves en réussissant à détecter tous les grands mouvements de retournement de tendance sur les marchés. Chacun des points extrêmes de cet indicateur a en effet signalé une situation anormale de valorisation des actions, qui s'est ensuite corrigée par un mouvement de hausse des cours lorsque l'écart actions / obligations actions était particulièrement élevé (début 2003 par exemple), ou, à l'inverse, par un mouvement de baisse ultérieure des indices actions lorsqu'il était particulièrement bas (début 2000, mi 2007).

L'écart actions / obligations avait atteint début 2009 des niveaux exceptionnellement élevés : c'est ce qui justifiait alors notre anticipation de rebond de l'indice, mentionnée plus haut. En ce début d'année 2010, cet indicateur, qui évolue en sens inverse par rapport aux cours, est, c'est une évidence, moins attractif qu'il y a un an. Mais il demeure à un niveau toujours élevé, supérieur à sa moyenne depuis plus de dix ans. Il repose sur des flux prévisionnels qui semblent raisonnables : ceux-ci intègrent un retour en 2012 des bénéfices à leur niveau 2007, et une faible croissance de ces bénéfices à plus long terme, de 2.8% par an entre 2007 et 2019, en nominal.

Les incertitudes qui demeurent tiennent notamment à la rapidité et la durabilité de la reprise économique, ainsi qu'au niveau atteint par les dettes des Etats. Nous avons mené des simulations afin de mesurer l'impact, sur le potentiel de hausse des actions, de scénarios alternatifs : décalage dans le temps (2013 ou 2014) du retour des bénéfices à leur niveau de 2007, ou encore hausse de 5% ne varietur des taux d'impôt sur les bénéfices, pour contribuer au remboursement des dettes des Etats. Ces simulations montrent que, même dans de tels scénarios, les niveaux de valorisation des actions demeurent raisonnables.

En définitive, le contexte actuel se caractérise par des niveaux de valorisation qui restent raisonnables sur la base de flux prudents, et des simulations sur le potentiel d'évolution des cours qui montrent des résultats asymétriques en faveur d'une hausse des cours, entre 0% et 25%. L'investissement en actions demeure donc justifié.

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