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    Boursorama le 30/01/2012 à 10:00
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    L'édito de Philippe Waechter (Natixis AM) : « Politique monétaire - De la FED à la BCE »


    En s’engageant à maintenir les taux à quasiment 0% jusqu’à fin 2014 et en fixant un objectif d’inflation, la FED veut limiter à tout prix l’incertitude explique Philippe Waechter, dir. de la recherche économique chez Natixis AM.

    Depuis l'automne 2008, la banque centrale américaine a mis en place une stratégie monétaire très accommodante. Elle a abaissé son taux de référence quasiment à 0% et ne cesse de repousser le moment où elle le remontera. La hausse de ce taux de référence sera le signal que l'économie aura alors retrouvé une trajectoire plus robuste et plus durable. L'innovation lors de la réunion du 25 janvier est d'indiquer qu'elle maintiendrait ce taux d'intérêt à quasiment 0% jusqu'à la fin 2014.

    La Fed ne pouvant baisser son taux d'intérêt de référence en dessous de 0%, elle agit sur les anticipations des investisseurs afin de tirer l'ensemble de la structure des taux d'intérêt vers le bas. L'objectif est d'inciter l'ensemble des acteurs de l'économie à dépenser davantage aujourd'hui puisqu'en raison des taux d'intérêt très bas l'incitation au placement est limitée. La Fed veut baliser un peu mieux les quelques trimestres à venir, limitant ainsi l'incertitude.

    L'autre innovation est la mise en place d'une cible d'inflation. La Fed s'est engagée à faire de telle sorte que le taux d'inflation à moyen terme soit à 2%. Cette décision est en phase avec le point précédent. La Fed veut indiquer aux investisseurs qu'elle ne laissera pas l'inflation se développer. Dès lors cela permettra de maintenir des taux d'intérêt très bas.

    Le schéma ainsi présenté est proche de celui que Ben Bernanke, le patron de la Fed, a fait lors de sa conférence de presse. A une question d'un journaliste il expliquait que cette stratégie reflétait le souhait pour la Fed de créer les conditions d'une reprise de l'activité. Elle ne traduisait en aucun cas un risque de rupture de l'activité que la politique monétaire accommodante souhaiterait réduire.

    Cependant, on ne peut s'empêcher de penser que si cette décision est audacieuse, elle ne l'est peut être pas suffisamment. En effet, les chiffres de la croissance et de l'emploi aux Etats-Unis ne traduisent pas une dynamique d'accélération. Le risque est que le maintien de cette politique ne crée pas le choc nécessaire pour modifier la trajectoire de l'économie américaine. En d'autres termes, la politique menée permet certainement de limiter les risques de baisse de l'activité mais elle ne permettra surement pas de converger vers le plein emploi très rapidement.

    On aurait pu alors imaginer un objectif d'inflation un peu plus élevé tout en conservant la politique de taux d'intérêt très bas. Dès lors les taux d'intérêt réels anticipés (taux d'intérêt nominal - inflation anticipée) auraient été négatifs créant des incitations plus fortes. La convergence vers le plein emploi aurait alors pu être plus rapide. C'est ce qui avait été fait en 1933 avec succès.

    Ce changement de perspectives de la part de la Fed devra inciter la BCE à réagir. Au regard de la conjoncture de la zone Euro et de la réduction des déficits budgétaires, la BCE avait tout intérêt à mettre en place une politique accommodante. Avec le geste de la Fed, elle devra aussi s'engager à maintenir sa politique accommodante pendant très longtemps.

     

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    • titide il y a 4 mois

      comment osez vous encore prendre la parole après lamédiocrité du parcours de l'action Natixis ????????????????????

    • M4189758 il y a 4 mois

      JPi - Si l'argent facile et les crédits donnés créaient de l'emploi ça se saurait. Ce que nous avons vu et verrons ce sont des spéculations, des montages financiers, criminels et ruineux, des bulles de ceci et de cela. Ils ne peuvent pas se retenir : le max de profit tout de suite, dans ma poche, maintenant.

    • gode111 il y a 4 mois

      En 1933, l'économie américaine n'était pas sortie d'affaire, loin de là. C'est la 2ème guerre mondiale qui a fait redémarrer l'économie, avec l'industrie de guerre, au prix d'un fort endettement.Il n'y a pas eu de succès de politique monétaire en 1933, sinon Roosevelt n'aurait pas confisqué l'or des citoyens en 1934 pour leur enlever l'idée de thésauriser. Les mêmes erreurs produiront les mêmes effets : chômage de masse, inflation, tension sociale.

    • MI2010SP il y a 4 mois

      comme le cadre de référence ne change pas, (et les leaders n'ont aucune intention de changer) dès lors il y aura des QE1,QE2,QE3,QE4,QE5,QE6,QE7..........QE... tant qu'on veut sans que cela aille mieux !

    • M9860483 il y a 4 mois

      Après la bulle internet, la bulle immobilière, la politique de la FED est-elle en train de créer une nouvelle bulle?

    • M9964081 il y a 4 mois

      M. Waechter, vous écrivez "...La convergence vers le plein emploi aurait alors pu être plus rapide. C'est ce qui avait été fait en 1933 avec succès...". C'est complètement faux. C'est incroyable de pouvoir dire ça et vivre de ses analyses. De fait, lorsque survint la Seconde Guerre mondiale, soit 8 ans après les débuts du New Deal, les États-Unis étaient encore en pleine crise. C'est l'entrée en guerre qui a épongé le chômage. Rien d'autre.

    • anakin56 il y a 4 mois

      L'argumentation de Philippe Waechter est classique mais pas très convaincante. Si un taux d'intérêt réel déjà proche de 0 ne permet pas de relancer davantage la croissance, il est permis de douter qu'un taux encore plus bas y parvienne. L'essentiel n'est évidemment pas là mais dans les perspectives d'activité et d'emploi.

    • M7025553 il y a 4 mois

      Avec la perte du statut de monnaie étalon du dollar , en train de se concrétiser par les accords des pays comme la Chine, L'inde, la Russie , la Turquie, l'Iran .. La Fed peut toujours faire des moulinets avec ses bras ou des déclarations incantatoires .. L'exode massif de capitaux du marché américain est en train de se faire

    • MI2010SP il y a 4 mois

      deux longues années encore avant (peut-être) que cela aille mieux ! car il n'y a pas d'illusion à se faire, si la FED maintient ce taux bas c'est parce que rien ne va..eh oui !Tant que l'on ne changera pas de "cadre de référence" il n'y a guère d'illusion à se faire.

    • lau298 il y a 4 mois

      Si on me parle de taux zéro et d'inflation, j'achète de l'or des actions ou de l'immo, cela crée de l'activité ponctuellement de l'activité chez les courtiers correspondants, mais ensuite je me contente d'encaisser . Comme disait Hayek "il n'y a aucun moyen d'éviter l'écroulement d'un boom provoqué par l'expansion du crédit" Les machinations des banquiers centraux ne font que retarder l'ajustement et éventuellement ruiner ceux qui ont des économies plutôt que ceux qui ont des dettes.