L'édito de Nicolas Bouzou (Asterès) : « En défense de l'Allemagne »

Boursorama le 16/04/2012 à 06:00
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Pourquoi l’économie allemande réussit mieux que celle de ses voisins, la France en particulier ? Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès, nous livre sa vision des faits, chiffres clés à l’appui...

Après avoir été l’homme malade de l’Europe, l’Allemagne était devenue un modèle. Mais dépassée par son succès, elle fait en retour désormais l’objet de multiples critiques : son endettement public serait aussi élevé que celui de la France, son taux de chômage en baisse en raison des mini-jobs à 1 euro de l’heure, le pouvoir d’achat en recul... Au lieu de parler en l’air, mieux vaudrait regarder les chiffres précisément. Alors allons-y.

L’Allemagne a connu une augmentation de sa croissance structurelle à partir de 2006. Depuis, le PIB a augmenté chaque année en moyenne de 1,1%, contre 0,5% pour la France. La différence est énorme : ce demi-point de croissance génère au bout de quelques années un gros différentiel de production et donc de revenu. On peut montrer arithmétiquement sur une nappe de restaurant que le PIB est égal au produit de la démographie, de la productivité et du taux d’emploi. La population allemande baisse alors que la population française augmente. Autrement-dit, l’Allemagne compense le boulet démographique par un effort très important de productivité et d’emploi. Là encore, les chiffres sont clairs : l’Allemagne gagne 0,8% de productivité par an en moyenne alors que la productivité de la France recule ! Mais c’est en matière d’emplois que la différence est la plus spectaculaire. Depuis 2004, le taux d’emploi en France reste coincé à 64% de la population, alors qu’il bondit en Allemagne depuis 2006 pour approcher 72% de la population aujourd’hui. Et ce ne sont pas les mini-jobs peu productifs qui font la différence, puisqu’on vient de voir, au contraire, que la productivité s’accroît (ce qui est rare quand le chômage baisse). Plus de croissance, moins de chômage : cela fait baisser le déficit public rapidement, surtout quand les dépenses publiques sont maîtrisées : moins de 1% de déficit en 2012, contre plus de 5% pour la France. Même si les niveaux de dette sont en effet à peu près équivalents (90% du PIB), la dette allemande recule alors que la dette française augmente (et plutôt vite).

J’entends ici ou là que la stratégie de l’Allemagne est non généralisable. Par définition, tous les pays ne peuvent pas être compétitifs et dégager un solde commercial positif : les excédents des uns sont les déficits des autres. Mais cette égalité comptable est vraie au niveau mondial, pas forcément au niveau européen. On peut parfaitement avoir une Allemagne, une France et une Italie excédentaires et, par exemple, des pays émergents déficitaires en biens et services, et, du coup, excédentaires en flux financiers. Rien d’illogique à cela. Les critiques de l’Allemagne sont bien faibles.

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  • M1084720 le lundi 16 avr 2012 à 11:00

    En fait, en France on n'aime pas la réussite d'une manière générale alors l'exemple Allemand ne peut séduire...

  • j.manix le lundi 16 avr 2012 à 10:14

    Tout est faux car chez moi un pib de -4.9 en 2009, 3.5 en 2010 et 3% soit 0.965 * 1.035 * 1.03 soit une croissance cumulée de 1.017 alors que la France a fait -1 1.05 et 1.7 pour les mêmes dates. De qui se moque-t'on? De plus les banques allemandes ont fait crédit en Europe de l'Est et à la Chine. Elles sont plus pourries que les Françaises!

  • dratiser le lundi 16 avr 2012 à 08:38

    les ressorts d'une faiblesse unique , LA DEMOGRAPHIE de l'allemagnequi explique en partie le chomage , et les gains de productivité puisque de la difficulté à renouveler le personnel on en reparlera surement tres tres vite , tout comme la chine dontle probleme sera de financer les retraites (meme faibles) vue la politique de l'enfant unique ;

  • davidilm le lundi 16 avr 2012 à 08:20

    "On peut parfaitement avoir une Allemagne, une France et une Italie excédentaires" oui oui c'est les africains qui n'ont même pas assez d'argent pour se payer de l'eau qui vont acheter les mercedes a 30000 euros produites en Europe

  • nervall le lundi 16 avr 2012 à 08:05

    bla bla blal'euro est un deutchsmark , independance de la BCE = feuille de route de la bundersbankeuro calibré et nivellé pour les besoins des teutonstrichet un traitre français avec son deutchsmark a 1,60

  • crous le lundi 16 avr 2012 à 07:46

    bien que je sois de droite, je n'irais pas voter

  • crous le lundi 16 avr 2012 à 07:45

    le probleme, ce sera la sante des papy boomers, payée à credit. Le vrai probleme se posera dans 3 ans quand ils viendront a la retraite. DE TOUTE FACON POUR NOUS LES QUADRA? C'EST RAPPé , le plus grand racket de l'histoire.

  • crous le lundi 16 avr 2012 à 07:40

    vive Standard and Poors et Merkel. Ce sont eux les vrais patrons qui vont faire plier les syndicats et fonctionnaires francais.

  • gendrefr le lundi 16 avr 2012 à 07:28

    que mr Bouzou soit payé 1 euro de l' heure et on verra si il a la même analyse.

  • M7025553 le lundi 16 avr 2012 à 07:19

    Les contrats à terme comme le nouveau FOAT qui sort aujourd'hui ont également permis à l'Allemagne de garder des Taux bas .. Cela se nomme la spéculation sur dette souveraine et si vous lisez Jerome Cazes , vous vous rendrez compte que ce n'est pas étranger à ce qui est arrivé à la Grèce ..