L'édito de Marc Gilson (Fival) : « Après deux ans de hausse des actions »

le
0
La croissance mondiale et la bonne santé des entreprises plaident pour les marchés actions. Mais la question des dette souveraines en Europe reste préoccupante selon Marc Gilson, directeur général de Fival.

Cela fait deux ans que les marchés ont entamé un mouvement haussier. Si on s'en réfère aux traditions, normalement les marchés montent trois ans et corrigent dans la quatrième année. Cela se vérifiera-t-il ? Les mouvements de ces derniers jours font douter beaucoup d'acteurs.

Les analystes 'actions' gardent, pour la plupart, un certain optimisme basé sur la bonne santé des entreprises (bilans) et sur la croissance mondiale revue à la hausse. L'inflation ne les tracasse pas trop et la hausse des taux longs n'est pas encore suffisante pour déclencher des arbitrages. Les patrons de PME ne seront peut-être pas d'accord avec eux, dans les pays de l'UE en tout cas, à moins qu'ils n'aient pris le soin de se tourner vers les marchés de croissance.

A ce sujet, ironiquement, les prévisions des experts au sujet de la balance de paiements de la Chine ont mis en plein... à côté : ils prévoyaient +5 Mrds, les autorités ont annoncé -7 Mrds ! A cause de la pause liée à la semaine de non-travail pour fêter l'année du Lapin ! Mais comme toute annonce de chiffres est d'abord politique avant d'être économique chez ce challenger mondial, nous devons surtout essayer de comprendre le message subliminal...

Depuis le début de cette année, les grands pays émergents (BRIC et le groupe des Pays de l'Est) ont connu des avancées diverses : la Russie profite de l'envolée du prix du pétrole et des matières premières, à l'évidence. La Chine se relève d'une pénible année 2010, l'Inde paye cher ses problèmes de hausse des prix et ses incidents climatiques. Investir dans ces régions implique d'accepter volatilité et impondérables.

Alors qu'ils se réjouissent de la bonne tenue générale des actions depuis deux an, les marchés recommencent à se poser des questions sur les dettes souveraines en Europe : les pays les plus fragiles doivent lever des fonds à des prix de plus en plus élevés, ce qui laisse supposer qu'ils s'enfonceront encore plus, jusqu'à ce que les cassandres aient raison. La restructuration des dettes sera une nécessité.

Et pourquoi pas ? C'est logique et sain. Et les mécanismes qui se mettent en place dans l'Europe doivent servir d'interface entre les marchés et les pays en difficulté afin d'amortir le choc d'une pareille opération. C'est tout de même un peu blessant de constater l'intérêt des opérateurs pour la seule dette européenne. Heureusement, Bill Gross, le gérant du plus grand fonds obligataire du monde, Pimco, a déclaré qu'il s'était maintenant débarrassé de toutes ses positions en bons du trésor US. Cela fait des années que Gross et ses équipes ne se trompent pas.

Peut-être que le combat va enfin changer de camp... Les taux de rendement demandés à la Grèce, qui vient d'être à nouveau dégradée par Moody's, sont supérieurs à ceux attendus des entreprises de même notation ! Est-ce logique ? Jeudi, Moody's a aussi dégradé l'Espagne (AA2 à AA1 avec perspectives négatives). A qui le tour ? La Commission Européenne aura-t-elle les capacités et la volonté politique de règlementer cette activité devenue incontournable et essentielle ? La hausse des taux longs semble inéluctable.

En résumé, les investisseurs doivent plus que jamais rechercher la qualité dans les actions et se convaincre d'y rester pour le long terme. En tout cas au moins un an si les traditions sont maintenues...

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant