L'édito de la semaine : Signes précurseurs d'une amélioration de la conjoncture

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Michel Didier, président de La Française des Placements Gestion Privée et de Coe-Rexecode, revient sur les raisons objectives de la hausse actuelle des indices boursiers malgré les nombreuses incertitudes qui demeurent.

La hausse du CAC 40 de 20 % en quelques semaines interpelle épargnants et investisseurs. S'agit-il de l'amorce d'une nouvelle grande vague haussière ou d'une simple correction positive dans un marché baissier ? Rien n'est inscrit aujourd'hui dans une boule de cristal. Les données sont les suivantes.

Plusieurs signes d'avancée dans la résorption de la crise financière sont visibles. La tension sur les marchés monétaires a nettement diminué, les émissions obligataires de grandes entreprises ont repris à des niveaux de flux très élevés, la volatilité des marchés boursiers s'est sensiblement réduite. Autant d'indicateurs qui vont dans la bonne direction. Mais il y a aussi quelques réserves. Les taux des émissions obligataires des entreprises restent très chers et seules les entreprises les mieux cotées peuvent accéder au marché. Toutes les autres ont encore bien du mal à trouver de l'argent, d'autant plus que la porte d'accès aux émissions d'actions reste pratiquement fermée.

Pour les marchés d'actions, deux facteurs clés sont à très court terme les résultats des plans bancaires, et plus fondamentalement les perspectives macroéconomiques. La question de la reprise des actifs « toxiques » des banques est dans une phase active aux Etats-Unis avec le plan Geithner. L'issue de ce plan est encore incertaine malgré l'optimisme officiel. Un règlement rapide du problème des actifs toxiques pourrait donner un nouvel élan aux marchés boursiers. Un échec pourrait en revanche créer la surprise et provoquer une véritable rechute.

Pour ce qui concerne les perspectives économiques, la situation actuelle est très inhabituelle. Les plus grandes organisations internationales affichent un pessimisme noir : poursuite de la récession pendant encore plusieurs trimestres, pas vraiment de rebond en 2010. Si tel devait être le cas, il serait bien prématuré d'espérer une orientation positive des marchés avant longtemps.

Pourtant les tableaux de bords conjoncturels donnent aujourd'hui plusieurs signaux d'amélioration. Ce ne sont pas des prévisions, mais bien des faits constatés. Quelques exemples parmi d'autres : les indicateurs du commerce mondial sont stabilisés, les cours des matières premières ont assez nettement rebondi, le rythme de l'activité se redresse en Asie. Aux Etats-Unis, les ventes au détail ne baissent plus et les indices avancés des directeurs d'achat ont nettement rebondi en France. Pour la première fois depuis un an, les enquêtes de conjoncture ne s'enfoncent plus, elles ont même changé de sens, vers le positif.

La remontée des cours boursiers avait bien anticipé ces signes d'éclaircie. La suite est plus incertaine. Les moteurs de croissance vont rester grippés par l'endettement, et cela durablement. Le chemin du retour à la croissance reste plein d'embûches. Après les grands froids de l'hiver, il était assez naturel que les premières lueurs conjoncturelles stimulent les achats d'actions, mais la bourse a peut-être pris un peu trop d'avance sur les réalités économiques.


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