L'édito de la semaine : "Les marchés boursiers digèrent la hausse"

le
0
Michel Didier, président de La Française des Placements Gestion Privée et de Coe-Rexecode, revient sur la sortie de récession en vue et les perspectives dégagées des marchés actions à moyen terme.

Après un rebond spectaculaire, les marchés boursiers ne savent plus très bien quelle direction prendre. Les derniers indicateurs ne remettent pourtant pas en cause l'amélioration de l'économie mondiale. Au contraire, ils la confirment. La tendance récente de la production industrielle mondiale (les cinquante plus grands pays publiant des indices industriels mensuels) qui était très fortement négative en début d'année est revenue positive. Il est vrai que l'inversion de tendance doit beaucoup à la Chine, mais les indices d'opinion des directeurs d'achats des entreprises industrielles (indices PMI), qui anticipent assez bien la production, ont rebondi partout, aux Etats-Unis, en Europe et même au Japon. La fin de la récession mondiale est donc confirmée. Mais cela ne suffit pas pour donner un nouvel élan à la valorisation des entreprises et plusieurs interrogations subsistent.

Une première question porte sur la suite du mouvement économique. S'agit-il d'une simple stabilisation du niveau de l'activité (à bas régime) ou de l'amorce d'un rebond ? Dans le premier cas, si l'activité se contentait de stagner, les profits des entreprises resteraient stationnaires et les cours des actions au mieux stables. Pour que la hausse des cours reprenne, il faudrait que l'incertitude sur les perspectives de profit soit levée. Les investisseurs devront attendre pour cela et pour être au clair quelques preuves concrètes de rebond des résultats des entreprises. Or, ils n'en auront pas beaucoup à court terme, les résultats du deuxième trimestre, qui seront connus d'ici quelques semaines, seront encore médiocres. Il faudra donc attendre les premières indications sur le troisième trimestre, c'est-à-dire la fin de l'été ou le début de l'automne. D'où les hésitations actuelles.

Une autre inquiétude vient des taux d'intérêt. Lorsque le CAC 40 a atteint le niveau de 3 300 à la mi-mai, le taux des obligations d'Etat à dix ans était à 3,6 %. A la mi-juin, ce taux est remonté à 4 % (avant de retomber légèrement). Aux Etats-Unis, la marche d'escalier a été bien plus importante (de 2,8 % à 3,8 %). Or, les valeurs d'actifs n'aiment pas les hausses de taux d'intérêt, et avec les déficits publics qui se creusent, on ne peut pas écarter de nouvelles hausses des taux longs.

Ces deux raisons suffisent à rendre les acheteurs beaucoup plus prudents à court terme, et pour certains même à intégrer le risque d'une correction. Il s'y ajoute toujours des craintes de défauts, notamment liés à la dette qui a financé les LBO massifs des années fastes.

Au-delà de cette période, les perspectives sont plus dégagées. Des freins au retour de la croissance subsisteront assez longtemps (endettement, surcapacités inutilisées). Mais il y a aussi des forces positives (abondance de liquidités, plans de relance, reconstitution des bilans). Il n'est pas douteux que les forces positives l'emporteront progressivement sur les forces négatives. Cela donnera aux marchés boursiers une orientation haussière durable. La patience sera alors largement récompensée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant