L'édito de la semaine : "Le bel été"

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Cette semaine, François Chaulet, directeur général de Montségur Finance, revient sur les bonnes nouvelles macroéconomiques qui ont conforté les marchés dans leur trend haussier pendant l'été.

La vigueur de la reprise des marchés européens a surpris les plus optimistes dont nous faisions partie. Après un rebond de plus de 9 % en juillet, l'indice CAC 40 s'adjuge 6,6 % en août. Le marché a enregistré sa plus spectaculaire performance historique sur une période de 6 mois depuis le krach de 1929, soit 48%.

Il est comme toujours plus facile d'analyser a posteriori les raisons objectives de cette prouesse boursière que de trouver le ressort pour l'anticiper, comme nous l'avons fait, alors que les médias et les investisseurs broyaient du noir. Les statistiques ne donnaient aucun signal d'une amélioration économique. Depuis, des éléments concrets ont étayé le scénario d'une stabilisation.

En premier lieu la normalisation des conditions financières. Les marchés interbancaires se reprennent et les primes de risque sur le crédit des entreprises ont fortement diminué. La volatilité des marchés est également revenue à des niveaux supportables après les pics historiques atteints en pleine crise.

Les autorités de marchés, au premier rang desquelles la Réserve Fédérale américaine, ont communiqué d'une façon rassurante sur une prochaine sortie de crise et sur le maintien d'une politique monétaire accommodante. Les taux directeurs seront maintenus à un niveau extrêmement bas (entre 0 et 0,25 % à l'heure actuelle) afin de faciliter l'accès aux liquidités.

La suite (et fin) des publications de résultats au titre du second trimestre est venue soutenir cette hausse en apportant un lot de surprises favorables aux anticipations du marché. 72 % des entreprises du S&P 500 ont ainsi surpris positivement les analystes. Le plus souvent, les réductions de coûts ont compensé la faiblesse de l'activité.

De nombreux indicateurs macro-économiques convergent désormais vers une amélioration sensible de la conjoncture et un retour à une activité plus habituelle pour les mois à venir.

Les flux commerciaux d'échanges internationaux reprennent, surtout en Asie. Aux États-Unis, la production industrielle redémarre après un déstockage historique, marquant même la plus forte croissance depuis décembre 2006. Le rythme des destructions d'emplois aux États-Unis se réduit et le marché immobilier, après avoir perdu un tiers de sa valeur depuis ses sommets, retrouve le chemin d'une hausse des prix (+6,5 % depuis avril).

En Europe, l'Allemagne et la France ont annoncé une croissance du PIB de +0,3 % au second trimestre alors que le consensus attendait la poursuite de la récession.

Pour résumer, cette correction, dite haussière, aura surpris tous les intervenants financiers insuffisamment investis. Ceux-ci, gérants ou analystes, provoquent un phénomène de rattrapage qui s'autoalimente : en d'autres termes, ils « courent après le papier ». Les analystes techniques qui anticipaient un repli du marché sur ses points bas retournent leurs graphiques pour expliquer la prochaine hausse de l'indice à 4.000 points. La démonstration est illustrée par la configuration « tête épaule inversée », figure notable de leur science.

Compte tenu du rattrapage enregistré par les fonds de Montségur Finance, nous préférons adopter une attitude prudente. Nous privilégions l'allègement des titres ayant atteint des objectifs de cours raisonnables après des parcours boursiers parfois étonnants, et conservons en portefeuille les valeurs ayant été délaissées dans le rebond. Il s'agit des valeurs dites défensives dont l'activité est sécurisée par le biais de contrats récurrents, qui ne souffrent que modérément de la crise. Les liquidités reconstituées permettront de procéder à quelques achats si une consolidation venait refroidir l'ardeur des investisseurs.

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